| Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées | ||||||
Sturm und Drang (tempête et élan en français) est un mouvement à la fois politique et littéraire
essentiellement allemand de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Il succède à la
période des Lumières (Aufklärung) et se pose en contestation de ce précédent mouvement. Il est le précurseur au romantisme. Le nom vient de celui d'une pièce de théâtre de Friedrich
Maximilian Klinger : Sturm und Drang (« Ouragan et Passion » en français).
Le mouvement naît en réponse au rationalisme dominant, il prône la supériorité des sentiments, les émotions y sont exaltées. La passion est préférée à la raison. C'est un mouvement de contestation mené par la jeunesse. Il se révolte contre les autorités supérieures allemandes et les princes qui dominent et dirigent le pays. La Révolution française sera pour eux un idéal à atteindre. La liberté, les droits de l'homme sont des valeurs essentielles. Un autre aspect est la volonté d'émanciper l'individu, le mouvement refuse la vie professionnelle bourgeoise, considérée comme morne et étroite ainsi que les conceptions et valeurs morales de ce monde bourgeois. Le mouvement se développera cependant surtout dans les milieux cultivés... Enfin, Sturm und Drang est un non à la tradition littéraire et artistique existant alors. Ainsi, bien que ce mouvement se voulait aussi politique (ses idées le montrent), il se révéla en pratique être avant toute chose un nouveau courant littéraire. Si ses auteurs auraient bien voulu que cela mène à une révolution du peuple, ils durent se contenter de la révolution littéraire qu'ils provoquèrent.
D'un point de vue littéraire, le mouvement s'inspire beaucoup de Jean-Jacques Rousseau et William Shakespeare. Les premières œuvres portent la marque de cette influence. En ce qui concerne les idées politiques, le mouvement naît dans une Allemagne où règne l'absolutisme. Ce régime est rejeté mais les écrivains ne peuvent pas vraiment agir contre lui et ce besoin d'agir, de changer les choses transparaît dans leurs personnages et leurs œuvres.
Cette volonté de liberté s'accompagne d'un intérêt nouveau pour la nature. Elle permet à l'individu de se retrouver, de ressentir davantage, d'éveiller ses sens. Émotions et sensations trouvent leur place dans un rapport plus étroit à la nature. Les personnages peuvent laisser s'exprimer leurs sentiments plus librement lorsqu'ils se trouvent seuls dans la nature. La nature est aussi un modèle de création, les auteurs se voudraient aussi créatifs que la nature, on recherche la spontanéité, l'intensité et l'originalité. Les auteurs de doivent d'être des génies (leur talent étant « inné ») plutôt que des poètes savants ayant appris leur art de l'étude.
Friedrich Maximilian Klinger est évidemment un des auteurs clés du mouvement avec sa pièce Sturm und Drang bien que le terme exista en réalité avant même la réalisation de la pièce. En fait, ce sont surtout Friedrich von Schiller (Les Brigands) et Johann Wolfgang von Goethe qui seront les représentants principaux de ce courant. Les soufrances du jeune Werther (Die Leiden des jungen Werthers) est considéré comme un des romans les plus importants. Il eut un tel succès que la fin du jeune Werther (qui se suicide) inspira de nombreuses personnes et causa une vague de suicides en Allemagne.
On peut noter aussi Jakob Michael Reinhold Lenz (avec Der Hofmeister) ou encore Johann Georg Hamann, Johann Gottfried Herder, Göttinger Hain, Friedrich Leopold et Heinrich Leopold Wagner. Herder eut un rôle particulier, il mit en avant la poésie populaire et recueillit des chansons populaires de différents pays dans Les Voix des peuples dans leurs chants. Une autre idole de ce mouvement fut Friedrich Gottlieb Klopstock pour son poème religieux sensible Der Messias.
Les romans, pièces de théâtre mettent en scène des conflits sociaux entre un individu et la société. L'individu est seul, entier, il se refuse à tout compromis, il est passionné, il ne cède pas et reste fidèle à lui-même jusqu'au bout. Les sentiments, la subjectivité des gens s'y expriment sans détour.
Le refus des traditions et conventions littéraires conduit les auteurs à l'exploration des formes théâtrales, plus appropriées pour leur permettre d'exprimer leurs idées. Le mouvement sut donc particulièrement prolixe en matière de pièces de théâtre.


