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La substance est la première des dix catégories dont Aristote a donné plusieurs listes différentes. Le
mot « substance » est généralement utilisé en français pour traduire le grec ousia, mais on le traduit parfois également par
« essence ».
Le mot « ousia » est le participe substantivé au neutre pluriel du verbe « einai » (être). Le sens commun du mot grec est : « propriété », « ce qui appartient en propre »,
« l'avoir ».
| Sommaire |
Le mot « ousia » a été traduit par les mots substantia et essentia. Comme pour beaucoup de mots philosophiques grecs, il y a eu des erreurs de traduction.
Il est important de connaître l'emploi fait par Platon de ce concept, puisque la
philosophie aristotélicienne entretient un rapport critique diversement
interprétable avec le platonisme.
Le mot « ousia » est expliqué par Platon dans le Phédon, dialogue qui
porte sur la réalité de l'âme et
sa survie après la mort. Platon cherche donc à connaître ce que c'est que l'âme et
expose plusieurs théories (âme harmonie des Pythagoriciens par exemple) qu'il critique. Il donne la définition suivante : « Ce que chaque chose
se trouve être précisément. »
Le mot « ousia » signifie plusieurs choses chez Aristote : la matière, la substance formelle (essence, quiddité), ou enfin le composé (sunolon) de matière et de forme.
La substance fait partie des catégories ; il existe plusieurs listes de ces catégories dans l'œuvre d'Aristote. Celle qui est donnée dans Les Catégories place la substance à sa tête. Mais ce n'est pas le cas dans une autre liste, donnée dans les Topiques, où la substance est remplacée par le « ti esti » (« ce que c'est »). Cette différence peut s'expliquer ainsi : « ce que c'est » peut être considére comme un équivalent de la substance, car demander ce que c'est qu'une chose, c'est demander quelle est son « ousia ».
La substance est d'abord « ce qui n'est ni dans un sujet, ni ne se dit d'un sujet, par exemple, tel homme donné, tel
cheval donné. » C'est un sensible singulier (to kath'hekaston kai aisthêton), individuel et numériquement un, qui
n'est prédiqué de rien, mais dont on prédique d'autres réalités. Les substances premières « signifient un ceci, en effet, ce
qu'elles désignent est individuel et numériquement un. »
Mais ce n'est pas encore suffisant pour qualifier la substance, car toute chose individuelle et numériquement une n'est pas une
substance. En effet, cette première définition fait de la matière une substance : « L'un des genres de l'être est,
disons-nous, la substance ; or, la substance, c'est en un premier sens, la matière, c'est-à-dire ce qui, par soi, n'est pas
une chose déterminée ; en un second sens, c'est la figure et la forme, suivant laquelle, dès lors, la matière est appelée un
être déterminée, et, en un troisième sens, c'est le composé de la matière et de la forme. » (De l'âme, II, 1).
Aristote ajoutera donc que « la substance est prise en deux acceptions ;
c'est le sujet dernier, celui qui n'est plus affirmé d'aucun autre, et c'est encore ce qui, étant l'individu pris dans son
essence, est aussi séparable : de cette nature est la forme ou configuration de chaque être. » (La Métaphysique, livre delta, §8). La substance a la propriété
d'être séparée (khôriston) et par soi (kath'auto).
"Sont dites essences secondes les espèces auxquelles appartiennent les essences dites au sens premier, ces espèces ainsi que les genres de ces espèces."


