Syntaxe de l'adverbe
Fonction de l'adverbe
Cas général
- Comme son nom l'indique, l'adverbe a pour fonction de compléter (ou modifier) un verbe :
- Je parle trop.
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- L'adverbe trop complète le verbe parle (ou encore : complément circonstanciel de
quantité du verbe parle)
- Il peut également compléter un adjectif, ou encore, un autre adverbe :
- Je suis trop fatigué pour sortir.
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- L'adverbe trop complète l'adjectif qualificatif fatigué.
- Je marche trop lentement.
-
- L'adverbe trop complète l'adverbe lentement.
- Dans certains cas, on pourrait presque dire que l'adverbe modifie un groupe nominal complément circonstanciel :
- Il travaille sérieusement. / Il travaille tout à fait sérieusement.
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- L'adverbe sérieusement est CC de manière du verbe travaille. L'adverbe de quantité
tout à fait (locution adverbiale) modifie l'adverbe sérieusement.
- Il travaille avec sérieux. Il travaille tout à fait avec sérieux.
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- Le groupe nominal avec sérieux est CC de manière du verbe travaille, tout comme l'adverbe
sérieusement dans l'exemple précédent. L'adverbe de quantité tout à fait (locution adverbiale)
modifie le groupe nominal avec sérieux. Une autre analyse consiste à dire que l'adverbe tout à
fait et la préposition avec forment une combinaison (cf. ci-après).
Adverbe et mot de liaison
- Il arrive que l'adverbe complète un mot-outil (une préposition, une
conjonction, etc.) :
- Bien avant la nuit. Aujourd'hui, ou même demain. Presque sur la place.
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- L'adverbe bien renforce la préposition avant. L'adverbe même renforce la
conjonction de coordination ou. L'adverbe presque renforce la préposition
sur.
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- Il faudra soigneusement éviter dans ce cas, de parler de « syntagme prépositionnel » (Voir à ce propos).
- Souvent, l'adverbe se combine avec la conjonction de subordination que, pour former une locution conjonctive de
subordination discontinue (on parle dans ce cas de corrélation) :
- Il a tant travaillé qu'il est épuisé.
Adverbe ayant valeur de nom ou d'adjectif
- Souvent l'adverbe est employé avec une valeur adjectivale. Dans ce cas, il devient satellite d'un nom ou
d'un pronom, dont il est épithète ou attribut, tout en restant invariable :
- Des gens bien. Des personnes debout. La page ci-après.
- On notera qu'inversement, un adjectif peut être employé comme adverbe. Selon le cas et selon le sens, il peut ou non
s'accorder :
- Cette soupe est servie chaude. Des fleurs qui sentent bon. Dire sa pensée tout net.
- De même, l'adverbe peut à l'occasion être nominalisé :
- Demain est un autre jour. Trop, c'est trop !
Adverbe explétif
- Certains adverbes sont dits explétifs, c'est-à-dire qu'ils ne modifient pas le contenu du message, et qu'ils
ne servent qu'à atténuer ou renforcer l'expression :
- Voulez-vous bien vous taire ! Prenez donc une chaise. Qu'est-ce que tu me dis là ? Je
crains qu'il ne pleuve demain. Regarde un peu ce que j'ai fait !
Place de l'adverbe
La place de l'adverbe peut varier en fonction du type d'adverbe, du noyau dont il dépend,
de sa longueur (les adverbes longs sont plus mobiles que les adverbes courts).
Place de l'adverbe complétant un verbe
- Lorsqu'il est le satellite d'un verbe, l'adverbe se place normalement après ce verbe, ou,
en cas de temps composé, après l'auxiliaire :
- Je mange bien. J'ai bien mangé.
- Cependant, si l'adverbe est long, on préfère le placer après le verbe, même s'il s'agit d'un temps composé :
- Je mange goulûment. J'ai mangé goulûment.
- Une locution adverbiale discontinue, c'est-à-dire, pouvant être interrompue par un autre mot (ne
pas, par exemple), encadre généralement le verbe, ou, en cas de temps composé, l'auxiliaire :
- Je ne mange pas. Je n'ai pas mangé.
- Lorsque le verbe est à l'infinitif, la locution redevient continue et se place avant le
verbe :
- Ne pas manger. Ne pas avoir mangé.
- Dans ce cas, il peut y avoir concurrence de place avec les pronoms personnels compléments conjoints :
- Pour le bien passer / Pour bien le passer. (Pour passer le Rhône - Chanson populaire)
- Si le verbe est au participe, présent ou passé, voir ci-après.
Place de l'adverbe complétant un adjectif, un participe ou autre adverbe
- Habituellement, l'adverbe satellite d'un adjectif, d'un participe ou d'autre adverbe, se place avant son
noyau :
- Un paysage très beau. / Une personne très fatiguée. / Il m'a accueilli très gentiment.
- Mais il existe plusieurs cas particuliers qui dépendent de l'adverbe en question et du choix du locuteur :
- Il m'a répondu presque agressivement. / Il m'a presque répondu agressivement. / Il m'a répondu
agressivement, presque.
- Les adverbes interrogatifs et exclamatifs se placent normalement au début de la phrase (ou de la
proposition) qu'ils introduisent :
- Quand viendras-tu ? Comme tu es belle ! Je me demande combien ça coûte.
Emploi particulier de l'adverbe de négation
- La locution adverbiale de négation (ne pas, par exemple) ne peut compléter qu'un verbe. Lorsqu'elle
complète un adjectif ou une forme verbale ayant la valeur de cette catégorie, elle devient non :
- Les électeurs non inscrits sont invités à se présenter au secrétariat. L'alphabet Braille est destiné aux
non voyants.
- La locution adverbiale de négation contient un élément atone (ne) et un élément tonique
(pas, jamais, rien, etc.). L'élément atone est souvent omis dans le registre familier; l'élément pas est parfois omis dans
le registre soutenu :
- Je ne peux le dire. (registre soutenu)
- Je ne peux pas le dire. (registre courant)
- Je peux pas le dire. (registre familier)
- La locution adverbiale de négation peut être employée de manière continue ou discontinue (avec l'infinitif,
notamment) :
- Ne pas parler est souvent difficile ! Ne parlez pas !
- Lorsque la locution adverbiale de négation se combine avec un indéfini (adjectif ou pronom)
à valeur négative (aucun, nul, personne, etc.), l'élément tonique est obligatoirement
supprimé, faute de quoi, on aurait une double négation :
- Personne n'est venu.
- Et non pas : « Personne n'est pas venu » qui signifierait plutôt le contraire.
- La locution adverbiale de négation peut se combiner avec la conjonction que, pour former
une expression restrictive. Ici encore, la présence ou l'absence de l'élément tonique (pas) pourra
produire une signification ou bien la signification contraire :
- Il n'a que des qualités.
-
- C'est-à-dire : « Je ne lui connais aucun défaut ».
- Il n'a pas que des qualités.
-
- C'est-à-dire : « Il a des qualités, mais je lui connais aussi de gros défauts. »
- Toute phrase (quel que soit son type) peut revêtir la voix
affirmative ou la voix négative :
- Tu es courageux. / Tu n'es pas courageux. (Type déclaratif)
- Es-tu courageux ? / N'es-tu pas courageux ? (Type interrogatif)
- Que tu es courageux ! / Que tu n'es pas courageux ! (Type exclamatif)
- Sois courageux ! / Ne sois pas courageux ! (Type impératif)
Satellites du groupe adverbial
- Habituellement, seul un adverbe peut compléter un autre adverbe. Un adverbe ne peut donc avoir comme satellites, que d'autres
adverbes :
- Il m'a parlé très gentiment.
-
- Dans le syntagme adverbial très gentiment, l'adverbe très complète l'adverbe noyau
gentiment.
- Parfois cependant, un syntagme nominal peut être le satellite d'un adverbe :
- Parallèlement à cette étude, il a appris le sanscrit.
-
- Dans le syntagme adverbial parallèlement à cette étude, le syntagme satellite à cette étude
est complément de l'adverbe noyau parallèlement.
- Contrairement à ses promesses, il n'est pas venu. Conformément à la loi…
- De même, une proposition subordonnée peut être satellite d'un adverbe :
- Il est trop poli pour être honnête.
-
- Dans le syntagme adverbial trop [...] pour être honnête, le syntagme infinitif pour être
honnête est complément de l'adverbe noyau trop.
- Il est plus courageux que je n'aurais cru.
-
- Dans le syntagme adverbial plus [...] que je n'aurais cru, le syntagme verbal que je n'aurais
cru (proposition subordonnée conjonctive) est complément de l'adverbe noyau plus.
Comparatifs
Un comparatif est un adverbe (ou plus exactement une locution adverbiale) permettant d'exprimer une
comparaison entre deux termes.
Il existe trois types de comparatifs. Lorsque le premier terme est :
- Supérieur au second, on a affaire à un comparatif de supériorité (généralement plus…
que) :
- Pierre est plus grand que Paul.
- Inférieur au second, on a affaire à un comparatif d'infériorité (généralement moins…
que) :
- Pierre est moins grand que Paul.
- Egal au second, on a affaire à un comparatif d'égalité (généralement aussi… que) :
- Pierre est aussi grand que Paul.
Le mot que, servant à introduire le deuxième terme, est en réalité la conjonction de subordination
annonçant une proposition subordonnée (conjonctive circonstancielle corrélative), généralement sous-entendue. Notre
premier exemple peut donc être analysé comme une ellipse de :
- Pierre est plus grand que Paul est grand.
On notera en outre que le deuxième terme de la comparaison (introduit par que) peut être totalement
sous-entendu. C'est ainsi que notre premier exemple pourra être simplifié en :
- Pierre est plus grand.
L'adverbe comparatif peut se rapporter à un verbe, à un adjectif (le plus souvent, un adjectif qualificatif)
ou encore, à un autre adverbe. Lorsqu'il s'agit d'un adjectif ou d'un autre adverbe, la locution comparative encadre cet
adjectif ou cet adverbe :
- Travailler plus que […]. Plus prudent que […]. Plus prudemment que […].
Comparatif se rapportant à un adjectif
On notera au préalable que certains adjectifs se contractent (on parle de comparatifs synthétiques) avec le
comparatif de supériorité plus. Il s'agit principalement des adjectifs bon (plus + bon =
meilleur), mauvais (plus + mauvais = pire) et petit (plus +
petit = moindre).
La comparaison peut porter sur divers éléments.
- Sur l'adjectif encadré par le comparatif :
- Ta voiture est aussi rapide que confortable.
- Sur le nom (ou le pronom) auquel se rapporte cet adjectif :
- Ta voiture est aussi rapide que la mienne.
- Ta voiture est aussi rapide que la mienne est confortable.
- Sur d'autres éléments tels que complément circonstanciel (ou adverbe) de temps, de lieu, etc. Dans ce dernier cas, on
remarquera que l'un des éléments peut être sous-entendu :
- Aujourd'hui, le ciel est aussi bleu qu'hier.
- Aujourd'hui, le ciel est aussi bleu.
- Le ciel est aussi bleu qu'hier.
Comparatif se rapportant un adverbe
On notera au préalable que certains adverbes se contractent (ici encore, on parle de comparatifs synthétiques) avec
le comparatif de supériorité plus. Il s'agit principalement des adverbes bien (plus + bien =
mieux) et mal (plus + mal = pis; mais on dit plus souvent plus mal,
plutôt que pis).
La comparaison peut porter sur divers éléments.
- Sur l'adverbe encadré par le comparatif :
- Il travaille aussi rapidement que proprement.
- Sur le sujet du verbe auquel se rapporte cet adverbe :
- Il travaille aussi rapidement que moi.
- Il travaille aussi rapidement que je travaille proprement.
- Sur d'autres éléments tels que complément circonstanciel (ou adverbe) de temps, de lieu, etc. Dans ce dernier cas, on
remarquera que l'un des éléments peut être sous-entendu :
- A l'école, il travaille aussi rapidement qu'à la maison.
- A l'école, il travaille aussi rapidement.
- Il travaille aussi rapidement qu'à la maison.
Comparatif se rapportant un verbe
Il convient au préalable de noter deux particularités. D'abord, la locution comparative n'encadre pas le verbe, mais suit
celui-ci. Ensuite, qu'en ce qui concerne le comparatif d'égalité, la locution employée n'est plus aussi… que mais
autant… que.
La comparaison peut porter sur divers éléments.
- Sur le verbe auquel se rapporte le comparatif :
- Christophe dépense autant que ce qu'il gagne.
- Sur le sujet de ce verbe :
- Christophe dépense autant que moi.
- Christophe dépense autant que ce que je gagne.
- Sur d'autres éléments tels que complément circonstanciel (ou adverbe) de temps, de lieu, etc. Dans ce dernier cas, on
remarquera que l'un des éléments peut être sous-entendu :
- Christophe dépense plus chez le boucher que chez le crémier.
- Christophe dépense plus chez le boucher.
- Christophe dépense plus que chez le crémier.
Superlatifs
Un superlatif est un adverbe de quantité (très, extrêmement, le plus, le
moins…) pouvant modifier un adjectif, un verbe ou un autre adverbe, qui souligne l'importance de la qualité exprimée par cet
adjectif, ce verbe ou cet adverbe. Il peut être relatif ou absolu.
Superlatif relatif (de supériorité ou d'infériorité)
Le superlatif relatif peut être superlatif de supériorité (le plus) ou superlatif d'infériorité
(le moins). Il s'apparente aux comparatifs de supériorité ou d'infériorité. Cependant, il compare, non pas deux
éléments, mais un élément aux autres éléments d'un même ensemble :
- C'est le meilleur de mes élèves. C'est mon meilleur élève. C'est le meilleur.
Le deuxième élément de la comparaison (introduit pas la préposition de) peut-être présent ou sous-entendu :
- Le guépard est l'animal le plus rapide de la savane. Le guépard est le plus rapide.
Superlatif absolu
Contrairement au précédent, et comme son nom l'indique, le superlatif absolu quantifie sans indiquer ni
sous-entendre un quelconque élément de comparaison (Absolument, beaucoup, drôlement, extrêmement, fort, merveilleusement,
super, tellement, très, trop, etc.) :
- Un très beau pays. J'aime beaucoup les pâtisseries. Un produit fort cher. Les
ultras-royalistes. Un service extra-rapide. Un résultat archi-faux…
- En ce qui concerne un certain nombre d'adjectifs, on peut obtenir un résultat analogue avec le suffixe
-issime (mais dans ce cas, bien sûr, il ne s'agit plus d'un adverbe) :
-
- Un objet rarissime. Un homme richissime. Un travail urgentissime. Une maladie gravissime. Un
personnage illustrissime…
-
-
- Pour : « Un objet très rare. Un homme très riche. Un travail très urgent. Une maladie
très grave. Un personnage très illustre… »
Sujets connexes

