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Les tabacs sont des plantes annuelles aux fleurs hermaphrodites de la famille des solanacées, originaires d'Amérique du Nord. Il existe une soixantaine d'espèces du Genre Nicotiana, réparties dans trois sous-groupes. Les plants, pouvant atteindre 2 m de hauteur, comportent des feuilles isolées mesurant de 85 cm à 100 cm de longueur. On distingue le tabac d'ornement de celui utilisé pour la production de cigares ou de cigarettes.
| Tabac | ||||||||||||
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| classification scientifique | ||||||||||||
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| Espèces | ||||||||||||
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N. acuminata |
| Sommaire |
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Les nicotiana sont des plantes néotropicales nitrophiles, originaires des régions chaudes et nécessitant un sol riche en humus. La température et la nature des sols jouent un rôle prépondérant sur les propriétés du tabac : la culture ne peut s'effectuer qu'entre des températures allant de 15 °C à 35 °C, 27 °C constituant un idéal pour l'épanouissement des plants. On estime la surface cultivée mondiale à 5 millions d'hectares, essentiellement en Asie et en Amérique, bien que sa relative plasticité lui permette d'être cultivée entre le 60e degré de latitude nord et le 40e degré de latitude sud. Le degré de maturation et la méthode de récolte des feuilles constitue un élément essentiel et déterminant pour leur destination. Sous-maturées, les feuilles sont destinées aux capes pour cigares (l'enveloppe extérieure). La récolte en feuilles peut durer plus d'un mois, les feuilles étant récoltées une par une selon la maturation, tandis que la récolte par tige est beaucoup plus rapide car mécanisée, mais au détriment de la qualité.
Taupes, courtillières, limaces, noctuelles, pucerons, hépiale, noctuelles (vers gris), thrips, punaises, etc.
Les feuilles de tabac récoltées, elles sont séchées pour éliminer plus de 90 % de leur eau. Les tabacs en feuilles sont classés selon leur variété ou leur mode de séchage :
S'ensuit soit un stockage pour les tabacs fire-cured ou certains light air-cured, soit une fermentation pour favoriser la volatilisation de la nicotine et de l'ammoniac.
Le tabac a été fumé en premier lieu par les Amérindiens pendant des siècles. En 1560, le tabac arriva en Europe et en France, d'une part introduit par un moine qui le rapporta du Brésil, mais aussi par un diplomate français au Portugal, Jean Nicot.
La culture du tabac assure la fortune et l'expansion de plusieurs colonies du sud-est des États-Unis (Maryland, Virginie ...), au cours du XVIIe siècle.
Appelé nicotiane en l'honneur de son découvreur, le tabac rencontra un grand succès à la cour de France où on lui prêta des vertus thérapeutiques. Toutefois, le tabac fut interdit en Angleterre, dans les pays musulmans, et en Russie où l'on risquait la peine de mort.
Le Cardinal de Richelieu instaura une taxe sur le tabac, et Jean-Baptiste Colbert établit un monopole d'état des ventes en 1674. L'usage du tabac se popularisa, et devint la marque du raffinement bourgeois. La cigarette est introduite en France en 1825.
Le tabac est consommé de plusieurs manières :
Le tabac est considéré en France comme une drogue licite. Sa production et sa vente font l'objet d'une réglementation, mais ne sont plus depuis 1995 un monopole d'état. La distribution, assurée par les débitants de tabac, reste le monopole de la SEITA regroupée avec le fabricant national espagnol dans la société Altadis. Elle fait l'objet d'une taxation particulière.
La loi prévoit :
Les lois Veil (1976) et Evin (1991) interdisent :
Depuis l'introduction en France de la cigarette en 1825, et son industrialisation en 1840, la consommation de tabac n'a cessé de croître jusque dans les années 1980.La seconde moitié des années 1990 a été marquée par une diminution notable du nombre de consommateurs quotidiens : il est actuellement évalué à 25 % de la population française, soit 19 millions de personnes (source : OCDE).
Cette baisse est imputable aux dispositifs des lois Evin et de ses nombreuses modifications : alors que la tabac était retiré de l'indice des prix de l'INSEE, le coût pour le consommateur augmentait périodiquement. Ainsi le prix des cigarettes a crû de 40 % sur la période octobre 2003 - janvier 2004, tandis que de nombreuses mesures d'aide à l'arrêt du tabac furent promues, comme la médicalisation des substituts nicotiniques.
La production de tabac, estimée à plus de 8 millions de tonnes, est dominée par la Chine, les États-Unis, l'Inde, le Brésil, et certains pays de l'ex-URSS. La très grande majorité des pays achètent des tabacs, même lorsqu'ils sont eux-mêmes producteurs : dans ce cas, les importations visent à suppléer les lacunes en terme de diversité.
La manufacture du tabac est dominée par la Chine, les États-Unis, les pays de l'ex-URSS et le Japon. La cigarette représente l'essentiel de la production, estimée à plus de 5 000 milliards d'unités en 1993. Les quatre cinquièmes du marché sont dominés par six multinationales aux diverses marques : ce sont, dans l'ordre décroissant de production, l'américain Philip Morris, le britannique British American Tobacco, le japonais Japan Tobacco, les britanniques Imperial Tobacco et Gallaher et le franco-espagnol Altadis.
Le tabac fait plus de 4 millions de morts par an dans le monde (soit 62 morts pour 100 000 habitants, 1 mort toutes les 8 secondes, 60 millions de morts en 50 ans), dont 60 000 en France (97 pour 100 000 hab.)
Le tabac est considéré comme une drogue licite dans de nombreux pays. Son principal alcaloïde, la nicotine, possède un effet psychoactif d'excitation ou de calme. L'accoutumance du corps à la nicotine est très rapide : une consommation modérée de 4 à 5 cigarettes par jour peut suffire à entraîner une dépendance psychique et physique. De nombreux additifs sont soupçonnés d'être ajoutés par les fabricants dans le but d'accroître la dépendance des consommateurs. C'est le cas de l'ammoniac, qui permet l'inhalation de la fumée sans provoquer de toux et facilite l'absorption de la nicotine. Le sevrage se traduit par des symptômes corporels de manque, au réveil notamment, ce manque pouvant conduire à des troubles de la concentration, une irritabilité, voire des malaises. Le fumeur en manque ressent également psychiquement le réflexe d'allumer une cigarette, le plus souvent dans des circonstances particulières.
La fumée résultant de la combustion du tabac comporte plus de 4 000 substances toxiques, dont 50 reconnues cancérigènes par le Comité International de Recherche sur le Cancer : du benzène, du monoxyde de carbone, du formaldéhyde, de la N-nitrosodiméthylamine et de la N-nitrosopyrrolidine durant la phase vapeur de la fumée, alors qu'on a trouvé du goudron, du benzo[a]pyrène, du cadmium, du nickel, de la N-nitrosonornicotine (NNN )et de la 4-(methylnitrosamino)-1-(3-pyridyl-1-butanone) (NNK) durant la phase solide (particules) de la fumée.Certains produits, comme par exemple le polonium 210 sont radioactifs
La nicotine provoque une accélération du rythme cardiaque et comporte un effet vasoconstricteur, induisant une sous-alimentation des tissus. Les dépôts de goudron irritent les voies respiratoires et favorisent l'apparition d'infections respiratoires, puis de la bronchite du fumeur, provoquant une hypoventilation des tissus et une diminution de la résistance aux exercices physiques. Le monoxyde de carbone, quant à lui, se substitue à l'oxygène sur l'hémoglobine, et par conséquent diminue l'oxygénation du sang.
Il provoque en outre une augmentation du taux de graisse dans le sang, favorisant ainsi les risques d'artériosclérose. En combinaison avec la pillule contraceptive, le tabagisme est un facteur d'apparition de l'infarctus du myocarde (IDM) chez la femme non ménopausée. Chez l'homme, moins bien protégé par son système hormonal, le tabagisme seul est un facteur d'apparition de l'IDM.
En France, les 60 000 morts sont principalement dus
Le tabac est la drogue la plus mortelle, avec plus de quatre millions de morts par an (un mort toutes les huit secondes) et soixante millions de morts pour la seule seconde moitié du XXe siècle, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé. Le tabac se situe bien loin devant l'alcool, qui comptabilise un peu moins d'un million de morts par an. Cette drogue est aussi la cause d'au moins vingt-cinq maladies connues. Le tabagisme passif est une cause croissante de décès en France, malgré les nombreuses interdictions de fumer dans les lieux destinés au public. Des études détenues secrète par les industriel du tabac récement révélées (12 nov 2004) décrivent que "des rats soumis à une atmosphère enfumée auraient [...] montré des lésions des muqueuses nasales plus importantes que celles observées chez des rongeurs inhalant directement la fumée du tabac". On estime à près de 75 % les cas de cancers liés directement ou indirectement au tabagisme (cancers des poumons, de la langue, de la gorge...).


