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Taliban


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Le mouvement taliban est un mouvement fondamentaliste musulman qui apparut en Afghanistan en octobre 1994.

Le mot taliban est le pluriel d'un mot d'origine arabe talib, désignant celui qui étudie dans une école religieuse.

Durant la guerre contre les russes, des millions de jeunes afghans furent éduqués dans les madrassas — écoles religieuses — de la zone tribale pakistanaise. Dans ces madrassas ils furent fortement influencés par une école de pensée, l'école de Deobandi, qui prône le retour à un Islam pur, proche de celui existant au temps du Prophète.

Les chefs de guerre qui se déchirent pendant et après l'occupation de l'Afghanistan par les russes, sont des islamistes, ayant des objectifs politiques : ils veulent d'abord établir un État islamiste, des lois et un état respectant la parole de Dieu, dans le but qu'ensuite la société et les mœurs redeviennent islamiques.

Les Taliban, eux, sont des « fondamentalistes ». Au contraire des islamistes, ils veulent d'abord réislamiser les mœurs, la justice, les êtres humains. La forme de l'État n'a pas d'importance pour eux à la condition de respecter la loi divine. Et seuls ceux qui l'ont étudiée, c'est-à-dire bien sûr les Talibans, sont à même de l'expliquer et d'en assurer le respect.

C'est pour cela qu'ils déclarent dans leurs premières années qu'ils ne veulent pas le pouvoir politique. C'est aussi pour cela qu'ils attachent tant d'importance à tout ce qui touche à la vie quotidienne, publique ou privée.

Durant les premières années de leur prise de pouvoir, les Taliban jouissent d'un réel soutien populaire, surtout mais pas uniquement, de la part des populations pachtounes du sud et de l'est. Les Afghans sont fatigués des exactions des chefs de guerre et bandits de grand chemin qui ensanglantent le pays, et accueillent volontiers ces religieux qui amènent la paix et la sécurité. Les contraintes morales qui choqueront tant l'occident quand il daignera s'intéresser au sort des Afghans, ne changent en fait pas grand-chose dans les campagnes où les femmes portent déjà la burqa, où elles ne travaillent ni ne vont à l'école à part une infime minorité.

De 1994 à fin 1997, les Taliban profitent aussi d'un soutien moral sinon financier et militaire de la part des services secrets pakistanais, de l'Arabie saoudite et des États-Unis. La présence sur le territoire afghan, à partir de 1996, d'Oussama Ben Laden, qui a déclaré haut et fort qu'il allait s'attaquer aux États-Unis par tous les moyens, change la donne. Et l'Occident découvre alors un régime qui choque ses valeurs fondamentales.

La guerre civile au temps des Talibans

Après leur apparition sur la scène afghane en octobre 1994, les Taliban prennent en quelques mois le contrôle de la moitié sud du pays. En février 1995, ils sont à Maydan Shahr à une vingtaine de kilomètres au sud de Kaboul, et à une centaine de kilomètres d'Hérat dans l'ouest. Ceux-ci ayant défait le Hezb-i-Islami dans le Logar et ayant tué Mazari, le chef hazara du Hezb-i-wahdat, Ahmad Shah Massoud en profite pour prendre le contrôle total de Kaboul.

Hérat est prise en septembre 1995, Kaboul le 27 septembre 1996 et les Taliban en profitent pour tuer Najibullah qui avait trouvé refuge dans une maison de l'ONU depuis sa destitution. Mazar-i-Sharif est prise une première fois en 1997 mais cela s'avère être un piège dans lequel environ 3 000 Taliban seront froidement massacrés, et lorsque les Taliban reprennent Mazar en 1998, ils se vengent en massacrant à leur tour plusieurs dizaines de milliers de Hazaras, hommes, femmes et enfants. L'Hazaradjat est alors presque encerclé et tombe après la chute de Bamyan en septembre 1998. Les Taliban font dynamiter les deux bouddhas sculptés de Bamiyan.

L'Alliance du Nord, rassemblement de frères ennemis mais unis contre les Taliban, se désagrège alors. La plupart de ses chefs se réfugient à l'étranger et Ahmad Shah Massoud reste le seul leader de l'Alliance à résister depuis son fief montagneux du Panchir d'où il garde le contrôle du nord-est de l'Afghanistan. Ailleurs dans le pays, seules quelques poches de résistance en Hazaradjat, sous le commandement de Khalili, continuent de harceler les Taliban, provoquant vengeances, massacres de civils et une totale destruction de la ville de Bamyan et de ses alentours.

Le 20 août 1998, les États-Unis lancent des douzaines de missiles de croisière sur des camps d'entraînement présumés de Oussama Ben Laden, en représaille aux attentats contre leurs ambassades de Nairobi et Dar-es-Salaam.

Après les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center à New York dont la planification est attribuée à Oussama Ben Laden, la guerre est déclarée à l'Afghanistan par le gouvernement des États-Unis qui mène une coalition mandatée par l'ONU. Le pouvoir taliban s'écroule en quelques jours début novembre 2001.

Après quelques mois de transition, une Loyah Jirgah investit Hamid Karzai.

La vie sous les Talibans

Le régime imposé par les Taliban fut basé sur un respect strict et littéral de l'Islam. La culture de l'opium fut éradiquée et ne survécut que dans les zones sous contrôle de l'Alliance du Nord.

L'Afghanistan vivait alors sous la coupe de 30 000 à 40 000 Talibans, obsédés par un supposé retour à la pureté originelle de l'Islam. Le régime était cruel, rétrograde et fanatique.

Le théâtre, le cinéma et la télévision furent interdits ; la possession d'appareils photographiques et de magnétoscopes devint illégale. La diffusion d'idées non-musulmanes était également prohibée.

Les femmes furent exclues du marché de l'emploi, devaient être entièrement couvertes par le vêtement traditionnel, la burqa, et ne pouvaient quitter leur maison qu'accompagnée de leur mari ou d'un parent proche. La burqa était une sorte de tente plissée et opaque, sur laquelle est découpée une grille bordée au niveau des yeux. Les femmes refusant ce code vestimentaire étaient fouettées. De même, les hommes devaient porter une barbe d'au moins 10 cm : la longueur était vérifiée dans la rue. Chaque jour, la radio des Taliban énumérait de nouveaux interdits : peindre en blanc les vitres des maisons pour ne pas voir les femmes à l'intérieur, expéditions punitives pour casser les téléviseurs, magnétoscopes, déchirer les photographies de famille. Les autorités faisaient aussi vérifier que l'on n'écoutait pas de musique dans les maisons. Les systèmes médical et scolaire furent dédoublés en fonction du genre, tout en donnant la priorité aux hommes. Les femmes jugées vicieuses furent fusillés dans des stades.

La Charia devint la base du droit afghan. Notamment, l'amputation et la lapidation furent des parmi peines appliquées sous les Taliban.

Les Talibans après 2001



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