Temps
Le temps est un concept qui a été développé pour représenter l'évolutivité du monde.
L'homme constate que le monde évolue, change, se transforme. Outre la notion d'« objet », il y a donc la notion
d'« événement » (transformation de l'objet). Ces constatations amènent aux notions de
- simultanéité: deux événements ont lieu en même temps, si les objets se tranformant sont distants, on ne peut
assister à la transformation que de l'un d'entre eux;
- succession,antériorité et postériorité: si deux événements ne sont pas simultanés, l'un a lieu après l'autre.
Ces notions font appel à la mémoire: le classement des événement dans un
ordre de succession ne peut se faire que si l'on se souvient de ces événements. La mémoire elle-même provient du fait que
certains événements se répètent, ce qui permet l'apprentissage. Cet aspect met en avant les deux aspects du temps:
- l'aspect cyclique: cycle des jours, des
saisons, de la vie...
- l'aspect linéaire: évolution, transformation irréversible, passage de la naissance à la mort.
L'aspect cyclique de certains événements a permis d'avoir une référence de durée (calendrier, horloge), et donc de quantifier le temps: lui associer un nombre et une unité.
Problème du temps
Le temps est peut-être une des questions fondamentales de la métaphysique, il est à la limite entre physique et métaphysique. Qu'est-ce que le temps ? Bien que l'intuition du temps qui
passe soit universelle, définir le temps semble au-delà de nos capacités. Cela inspira une célèbre boutade à Saint Augustin dans ses Confessions:
- « Si personne ne me le demande, je le sais. Si je veux l'expliquer, je ne le sais plus »
- Quelques philosophies considéraientt depuis les Grecs le temps comme un
absolu, indépendant de l'espace. D'autres non.
- La théologie catholique estimait avec Thomas d'Aquin que le temps était une création de Dieu au même titre que l'espace, et le situait dans
une dimension nommée aevum, elle-même distincte de l'éternité qui la contenait. La création conjointe de l'espace et du temps est une des affirmations de la somme théologique, ce qui incitera par la suite quelques physiciens
qui n'admettent pas au début l'idée de big bang (comme Fred Hoyle qui avait en créé le nom par dérision) à s'en méfier, y voyant juste une résurgence
religieuse. Remarquons toutefois que Thomas d'Aquin considère cependant lui aussi le temps comme un absolu :
Dieu lui-même ne peut pas faire que ce qui a été n'ait pas été. Il est en son pouvoir certes de rendre sa virginité à une
femme déflorée, mais il ne peut en aucun cas changer le passé et faire que cette femme n'ait pas été déflorée. Il
ne le considère pas comme une soumission de Dieu lui-même au temps, mais au contraire comme une manifestaion de
cohérence implicite à la nature même de Dieu, qui ne saurait
s'autocontredire.
- Isaac Newton considère le temps comme un absolu.
- Kant considère temps et espace comme des catégories
pré-conceptuelles de la sensibilité, et donc comme des formes de l'expériences nécessaires et universelles (a priori).
- Einstein revisitera le concept même de temps : contrairement aux idées communément admises, il n'existe d'une part pas de
temps absolu dans l'univers, et d'autre part le temps est étroitement imbriqué à l'espace, comme l'avait suggéré
avant lui (mais mathématiquement et non au sens physique) son professeur Minkowski. Les notions de simultanéité et de succession sont relatives, elles dépendent de l'observateur.
- La mécanique quantique suggère que la notion de
temps perd sa signification commune aux échelles qu'elle traite. Une expérience imaginée par Marlan Scully et utilisant les
résultats de celle d'Alain Aspect
exigerait en effet que dans certains cas spécifiques une observation modifie un état antérieur d'un système, faute de quoi des relations de
conservation ne seraient plus respectées. Cela remettrait alors en cause une partie de la notion de causalité. Le physicien John Wheeler considère d'emblée ce résultat comme acquis dans le cadre de l'hypothèse émise
en 1957 par son élève Hugh Everett,
mais sa position ne fait pas l'unanimité chez les physiciens.
- Dans le langage courant, on peut voir le temps comme une dimension conventionnelle à l'aide de
laquelle nous structurons le monde.
Les concepts utilisés dans la mesure du temps sont issus de l'inné. Comme nous comptons nos moutons, nos enfants, nous
mesurons le temps. De l'application, il apparait un nouveau concept qui mesure le temps d'une manière proportionnelle
exponentielle en rapport avec le sujet étudié. Ce nouveau concept est décrit sur le site hypothèse sur le temps [1] . En application à la perception, ce concept donne que pour l'enfant d'un
jour, le jour serai sa vie, le mois beaucoup, et l'année l'infini ; pour l'adulte de soixante douze ans, l'année serai 1/72,
le mois 1/864, et le jour l'instant. En d'autres mots cinq minutes de rire pour adulte dure une éternité pour un enfant.
Temps subjectif et temps physique
La philosophie distingue deux dimensions dans la notion de temps. La
dimension objective est étudiée par la science physique et est appelée en philosophie « temps ». La dimension
subjective, étudiée par la philosophie, est appelée « durée ». Cette distinction simple n'est pas tout à fait
correcte: la physique utilise également le terme de durée et la philosophie celui de temps...
- Le temps objectif est défini par rapport à une horloge. Son unité légale dans le
système international est la seconde (et ses multiples).
- En temps subjectif les secondes peuvent paraître des heures et les heures peuvent
paraître des secondes.
Exemples:
- Un enfant joue à son jeu préféré et au bout d'une heure, il doit s'arrêter : il s'exclame « Déjà ? »,
même si pour un scientifique le temps écoulé est exactement 3600 secondes. Mais pour l'enfant la durée écoulée est de toute façon
trop courte.
- Un lycéen en cours, s'ennuie et regarde régulièrement sa montre avec l'espoir qu'il s'est écoulé une dizaine de minutes. Et
il constate avec horreur qu'il ne s'en est objectivement écoulé qu'une seule.
La durée (l'impression
subjective de temps) dépend donc des émotions ressenties par la
personne qui l'évalue. Autrement dit, l'horloge subjective bat la mesure en raison inverse de la concentration du sujet. Pour le
sujet très pris par son activité (par exemple quand il s'amuse), l'horloge bat très lentement, il ne s'écoule que quelques
battements et le sujet « ne voit pas le temps passer ». Inversement, quand on s'ennuie ou qu'une situation est
dramatique (accident de voiture, par exemple) les phénomènes semblent se ralentir (l'attention cherche un appui), les battements
s'accélèrent et on « trouve le temps long ».
Avant Einstein, on pensait généralement que le temps objectif était fixe,
toujours le même, tandis que le temps subjectif était variable, dépendant de l'état d'esprit de la personne qui l'observe.
Les travaux d'Einstein sur la relativité ont pour conséquence non pas
que le temps objectif est variable (local), mais de façon bien plus radicale qu'on ne peut définir de temps
objectif. Le temps est relatif à un référentiel et varie en fonction de la vitesse (formulation
malheureuse, il est vrai, puisque la vitessse elle-même ne peut être définie que par rapport à un temps) et des champs d'accélération locaux (gravitation, changements de vitesse ou de direction, etc.). Pour cette raison, on ne peut jamais parler de
simultanéité objective dans l'univers (excepté à une erreur admissible près dans le cas de distance et de temps très
courts).
Autre distinguos s'appliquant au temps:
- temps linéaire de la tradition chrétienne, avec une création et une fin (apocalypse, jugement dernier), et temps cyclique de la tradition indo-européenne
(éternel retour, cercles
concentriques, Schopenhauer, Nietzsche)
- temps continu, et discret : le temps comme séquence ordonnée d'événements, une notion faible de la
synchronie étant l'observation des mêmes événements significatifs dans le même ordre
- temps irréversible, et voyages dans le temps ;
l'irréversibilité qui caractérise le temps est un phénomène qui ne concerne qu'une partie des lois de la physique, et qui est
liée au concept d'entropie, et jusqu'à récemment étudié plus ou moins exclusivement
sous l'angle de phénomènes dissipatifs -- mais en biologie,
l'irréversibilité du temps est liée à l'évolution, et à une génération
d'ordre (peut-être seulement localisée, pour satisfaire le second principe de la thermodynamique). L'expérience de Marlan Scully jette un doute sur la non-réversibilité du temps à l'échelle
quantique.
Musique
Le temps est également une subdivision de la mesure en musique.
Humour
- Le temps est le moyen qu'a trouvé la Nature pour que tout ne
se passe pas au même moment. (John Wheeler, physicien)
- Le temps n'est pas moins pollué que l'espace : je viens de passer un sale quart d'heure.
(Roland Topor)
Voir aussi
Existence | Philosophie |
Espace | Relativité | Temps universel coordonné | Le temps en physique

