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Trompettiste américain (La Nouvelle-Orléans, Louisiane, 13 mars 1962.
Son père dirigeait une compagnie d'assurance mais, à ses heures, chantait des opéras; sa tante était pianiste classique et avait
étudie avec Ellis Marsalis. À
cinq ans, il prend ses premières leçons de piano classique (il les poursuivra jusqu'à dix-huit ans), et à huit, Il reçoit sa
première trompette, qu'il ne considère avec sérieux qu'à sa quatorzième année, lorsqu'il s'inscrit au New Orleans Center For The
Creative Arts. Avec Ellis Marsalis, il étudie la théorie et l'histoire du jazz et découvre Miles Davis puis Clifford Brown. II joue dans le New
Orleans Civic Orchestra, avant de se rendre à New York en 1980, pour étudier la trompette classique à la Rutgers University (New
Brunswick). II est hébergé chez le directeur du département jazz, Paul Jeffrey, le dernier saxophoniste ténor de Thelonious Monk, qui travaille à ce moment-là dans l'orchestre de Lionel Hampton, et le fait engager au
pupitre des trompettes: il partagera ces années 1980-82 entre la Rutgers et le big band de Hampton. Son ami d'enfance Wynton Marsalis le recommande à
Art Blakey en 1982, lorsqu'il quitte les Messengers. II passe brillamment
l'audition, et part aussitôt pour une série de tournées avec les nouveaux Messengers, dont Jean Toussaint et Donald Harrison. II
assume très vite la direction musicale de l'orchestre, qu'il tiendra jusqu'en 1986. À l'image du tandem des frères Marsalis, il
forme en 1983 un quintette avec Harrison. II joue dans le quartette de Larry Willis, tout en gardant sa place de Messenger. II la
quitte en 1986 pour se consacrer davantage à l'orchestre dont il est, avec Harrison, le co-leader. Cette année-là, avec Mal Waldron, Richard Davis et Ed Blackwell, qui furent les partenaires
de Booker Little et Eric Dolphy lors des historiques soirées du
Five Spot, Blanchard et Harrison vont enregistrer une manière d'hommage-remake. Le trompettiste enregistre aussi avec la
quintette de JoAnne Brackeen, Billy Pierce, George Kawaguchi ("l'Art Blakey japonais") en 87, Ralph Peterson, le pianiste Benny Green, Kenny Drew Jr.
(1988). Victor Bailey, Ed Thigpen et le Kansas City Band de Jay McShann (1989). Mais surtout, il signe la musique du film
« Malcolm X » de Spike Lee.. Miles Davis a dit de lui qu'il était « le plus brillant des nouveaux
trompettistes », et son style est proche de celui de Wynton Marsalis, avec cependant moins de facilité pour l'articulation
et un jeu plus legato qui le place dans la lignée de Kenny Dorham et Woody Shaw. Son phrasé est sûr et tranquille: aucune urgence claironnante. Plutôt, constant, le sentiment d'une
réserve de son qui donne un jeu détendu, prenant son temps, chaque note étant sculptée et modulée, avec quelque chose de
pneumatique jusque dans, parfois, les extinctions, les baisses de volume dans l'aigu d'un baiser. Cela produit une sonorité (dans
la lignée de Marsalis et d'autres jeunes virtuoses des années 80) très propre, bien calibrée et maîtrisée, avec des solennités
dignes du Conservatoire. Sa production recense affiche un retour aux structures des musiques africaines ("Nascence"), que
soulignent des titres à résonance politique (Afrique du Sud, Alabama.)..


