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Thalès (en grec θαλες Thalễs) appelé communément Thalès de Milet, était un philosophe ionien né à Milet vers l'an 625 et mort vers l'an 547 av. J.-C.. Il fut l'un des Sept sages de la Grèce et le fondateur présumé de l'école milésienne.
| Sommaire |
La vie de Thalès a manifestement subi un processus d'idéalisation, et ce que nous connaissons de ce penseur, comme pour les
Présocratiques, nous renseigne surtout sur le type commun du sage
en Grèce.
Thalès serait, selon Diogène Laërce rapportant les dires
d'Hérodote, fils d'Examios, un marchand, et de Cléobuline. On entend parfois
qu'il descendait de la famille des Thélides, des rois mythiques de Phénicie de la lignée
d'Agénor et de Cadmos. Plusieurs autres
sources affirment pourtant qu'il était peut-être d'origine béotienne ou phénicienne et probablement contemporain de Solon et de Crésus et qu'il se serait installé à
Milet en compagnie de son ami Neileôs. Il n'est donc pas sûr que Thalès soit Milésien, quoiqu'une tradition courante fasse de lui
un descendant d'une famille aisée de Milet. Sa carrière politique lui permit de convaincre de regrouper les États séparés en
fédération. Thalès le scientifique ne doit en effet pas occulter un autre Thalès, habile en affaires et prompt à dénigrer ses
propres découvertes et sa fortune acquise.
Thalès de Milet est tenu pour le premier philosophe, scientifique et mathématicien grec. Le premier, il aurait reçu le nom de
sage. Il commença pourtant sa vie comme simple commerçant puis continua vers une carrière politique et économique. Il s'embarqua
un jour vers Naucratis (qui deviendra
Alexandrie) déjà reconnue pour sa culture scientifique. Il y étudia les
mathématiques, particulièrement la géométrie où il fit déjà quelques découvertes. On prétend qu'il se passionnait
de gymnastique et qu'on l'aurait trouvé dans les gradins, mort par déshydratation lors d'une compétition à laquelle il assistait.
L'inscription suivante se lisait sur son épitaphe: « Ce tombeau est certes étroit, mais considère qu'il atteint les
dimensions du ciel, la gloire de Thalès, l'homme très sensé. »
Il connut d'abord sa renommée comme conseiller militaire et comme ingénieur. Durant la guerre entre les Perses et les Lydiens,
il aurait détourné le cours du fleuve Halys pour faire passer l'armée de Crésus.
On rapporte qu'il prédit l'éclipse du soleil de 585 av. J.-C. À cette époque, la prédiction des éclipses lunaires était relativement connue puisqu'elles se répètent
sur un cycle de dix-neuf ans. Mais aucune preuve n'étaye cette assertion et il semble qu'elle relève plutôt de la légende. Thalès
n'avait pas les connaissances requises pour faire la prévision d'une éclipse solaire. Elle demande non seulement des moyens
géométriques puissants mais aussi des calculs trigonométriques complexes, voire des éphémérides, qui ne seront à la disposition
des astronomes que plusieurs siècles plus tard. Il aurait peut-être utilisé certaines données rassemblées par les Babyloniens,
mais comme l'éclipse se trouvait à un point différent du globe, cette hypothèse est discutable. Quoiqu'il en soit, quand la
prédiction se réalisa, les Mèdes et les
Lydiens alors en guerre furent pris d'une panique telle qu'ils conclurent un accord de paix.
C'est en son temps que remonte la connaissance de l'électricité puisqu'il savait déjà que l'ambre avait la propriété d'attirer les matériaux légers. Suite à ces expériences, le mot électricité (ηλεκτρον en grec) est donné en référence à l'ambre
jaune.
Diogène Laërce, dans Vies, Doctrines et sentences des philosophes illustres, vol. 1,
précise que Hiéronyme dit qu'il
mesura les pyramides d'Égypte en calculant le rapport
entre leur ombre et celle de notre corps. L'anecdote rapporte que le Pharaon Amasis
aurait mis ses connaissances à l'épreuve en lui disant que personne n'était en mesure de savoir quelle était la hauteur de la
Grande Pyramide. Il partit
simplement du principe qu'à un certain moment de la journée, l'ombre de tout objet devient égale à sa hauteur. Il ne lui restait
qu'à déterminer le moment exact. Il devait également pour cela tenir compte que les rayons du soleil devaient être
perpendiculaires avec l'un de ses côtés, ce qui ne se produisait que deux fois par année! Impressionnés par ce calcul, les
prêtres lui donnèrent accès à la bibliothèque où il put consulter de nombreux ouvrages d'astronomie.
Son nom est célèbre par le fameux théorème de
Thalès (qu'il ne connaissait pas), qui donne des relations entre les rapports de distances de triangles. La première
démonstration de ce théorème est attribuée à Euclide qui la présente dans ses
Éléments, dans le livre VI (Proposition 2)
- il le démontre par proportionnalité d'aires de triangles de hauteur égale.
Les historiens lui attribuent toutefois cinq théorèmes de géométrie élémentaire :
Thalès est donc le premier « penseur » connu de l'histoire. Son intérêt pour l'astronomie le poussa à faire de nombreuses observations sur les constellations. Il aurait été le premier à noter le voyage du Soleil entre les deux Tropiques. Il établit aussi que certaines étoiles n'étaient pas toutes fixes par rapport aux autres et il les baptisa Planètes, ce qui signifie corps errant. On dit même qu'il parvint à en répertorier les éphémérides. Il fut aussi le premier à constater que l'année ne comptait pas 365 jours, mais 365 et un quart.
De retour à Milet, il fonda l'École milésienne. On sait qu'Anaximandre et
Anaximène furent ses successeurs. Mais nous n'avons aucun écrit de lui, et
nous ne savons pas même s'il écrivit jamais. Il est difficile de préciser ses idées et d'être assuré de certaines de ses
découvertes scientifiques. On sait cependant que dans cette école, il aurait prononcé la désormais formule :
« Connais-toi toi-même. »
L'école de Milet réalise deux grandes avancées fondatrices :
Sa philosophie de la nature fait de l'eau le principe explicatif de l'univers, d'où
procèdent les autres éléments, air,
feu et terre. Cet élément primitif est manifestement
d'origine phénicienne. La raison de ce choix pour l'eau provient sans doute de l'importance de celle-ci dans la croissance et la
nutrition des choses vivantes, de son rôle central dans le quotidien des Milésiens et des observations qu'on prétend qu'il a
faites en Égypte quant l'importance du Nil et
des autres fleuves qui faisaient l'objet de cultes. Mais l'originalité de Thalès est de faire de cette explication mythologique
un principe de connaissance physique et métaphysique ; en effet, l'unité de l'élément eau est aussi l'unité du monde : « Thalès et son
école : le monde est un », Aétius.
Cette thèse est une grande innovation, car elle suppose l'affirmation de vérités, non à partir de quelques objets singuliers,
comme c'était le cas avant lui pour les Égyptiens ou les Babyloniens, mais pour une infinité d'objets contenus dans le monde et
pour le monde lui-même. Il énonce donc des vérités concernant une classe entière d'êtres. Ainsi, selon l'helléniste allemand
Zeller (XIXe siècle), l'apport majeur de Thalès est-il d'avoir généralisé et
conceptualisé ses observations, d'être parvenu au concept de l'un sans se perdre dans
l'accumulation d'observations disparates. C'est là la thèse fondamentale de ce philosophe dont nous ne connaissons rien avec
certitude. On attribue parfois à Thalès une conception de l'univers assez séduisante: celui-ci serait un genre de bulle d'air
hémisphérique formée par la concavité du Ciel et la surface plane de la Terre, qui flotte elle-même sur l'eau. Le mouvement de la
Terre sur l'eau expliquerait les tremblements de terre.
Il savait aussi tirer profit de ses observations. Aristote raconte que Thalès,
prévoyant une abondante récolte d'olives, il aurait monopolisé les pressoirs pour mieux monnayer leurs services ; il voulait
ainsi montrer que le sage est capable de faire fortune mais qu'il ne s'en préoccupe pas, préférant la contemplation, la recherche
scientifique et la vie honnête. Thalès est aussi le philosophe d'une anecdote célèbre, reprise par Platon, dans le Théétète : « le philosophe qui tombe dans le puits ouvert sous ses pas parce qu'il est occupé à
regarder les choses du ciel. » Platon raconte qu'une insolente petite domestique se serait moquée de lui en
disant : « Comment comptez-vous comprendre ce qui se passe dans le ciel si vous ne voyez même pas ce qui est à vos
pieds ? ».
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