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Thèbes (Égypte)


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Thèbes est le nom grec (Thebai) de la ville d'Égypte antique Ouaset (Le sceptre) appartenant au quatrième nome de Haute-Égypte.

D'abord capitale de province, elle prit de l'importance à partir de la XIe dynastie et devint capitale de l'Égypte sous les XVIIIe et XIXe dynasties.

On y adorait principalement trois dieux, Amon (Le caché), Mout (La mère) et Khonsou (Le voyageur), regroupés dans la Triade de Thèbes. Un autre dieu y avait son temple : Montou, divinité guerrière qui avait également des temples à Erment et Tod non loin de Thèbes. Il est probable que Montou était alors la divinité principale de la région thébaine, car outre son enceinte de Karnak, on lui dédia un temple à Hetmonthis, et un autre à Tod, deux cités à la périphérie de Thèbes. Les noms mêmes des Montouhotep, pharaons de la XIe dynastie, inaugurant le Moyen Empire, semblent confirmer cette hypothèse. Avec les Senusert et Amenemhat de la dynastie suivante le culte d'Amon croît et peu à peu vient éclipser celui de Montou. La ville prit un essor extraordinaire au Nouvel Empire, siège du culte d'Amon-Ré, le dieu dynastique associé au dieu Ré. Thèbes devient alors l'« Héliopolis du Sud », toute consacrée à l'idéologie royale qui se déploie avec le culte du dieu. La ville devient également le siège de la nécropole royale pour toute la période du Nouvel Empire avec le creusement dans la montagne thébaine de dizaines d'hypogées royaux. La cité comportait plusieurs temples répartis sur les deux rives du Nil. Sur la rive est, la ville s'étalait le long d'une voie processionnelle entre les enceintes de Karnak et le temple de Louxor. Voie qu'empruntaient les barques sacrées d'Amon, Mout et Khonsou lors de la Fête d'Opet. Sur la rive ouest, la rive des morts, chaque pharaon du Nouvel Empire fit édifier un temple funéraire que le dieu Amon venait visiter chaque année lors de la Belle Fête de la Vallée. Si au cours de la XVIIIe dynastie l'alchimie entre l'idéologie royale et le culte d'Amon-Ré semble concorder, l'une alimentant l'autre à son profit (citons par exemple les scènes de théogamies d'Hatchepsout à Deir el-Bahari ou d'Amenhotep III à Louxor) on sent à partir de la XIXe dynastie un déséquilibre entre le pouvoir royal et le clergé d'Amon-Ré, qui n'ira qu'en s'accentuant à la dynastie suivante pour finir avec les derniers Ramses par un effacement de la personne du roi face au premier pontife du dieu. Peut être que « l'épisode » amarnien avec Amenhotep IV/Akhénaton marque la première rupture et que le retour à la religion amonienne par la suite ramena le clergé sur des positions plus orthodoxes.

Avec la XXIe dynastie et la séparation des pouvoirs avec les prêtres d'Amon, Thèbes perdit son statut de capitale au profit des cités du delta telles que Tanis, Bubastis ou Sais où des dynastes locaux réclamèrent le trône. La nécropole royale fut alors transférée et plus jamais un pharaon ne se fit ensevelir à Thèbes. À la XXVe dynastie, celle des pharaons nubiens, la cité reprit de l'importance, le culte d'Amon-Ré fut jumelé avec celui d'Amon de Napata, le dieu dynastique des « pharaons noirs » ; Taharka mit en chantier un programme architectural digne d'une capitale, développant l'axe des sanctuaires avec d'imposants kiosques et affermissant le rôle de la Divine Adoratrice dans le contrôle de la région. Mais la ville fut saccagée à la fin de cette période par les Assyriens qui pillèrent ses sanctuaires et emportèrent à Ninive les trésors accumulés depuis tant de siècles par les pharaons. La cité ne s'en releva jamais réellement. Restaurée par les pharaons des dernières dynasties, Alexandre le Grand participa également à l'œuvre réparatrice puis à sa suite les Ptolémées. La cité fut le siège de nombreuses révoltes et séditions qui parfois coupèrent la thébaïde de l'empire lagide. Enfin avec la période romaine les temples furent peu à peu abandonnés et une garnison s'installa à Louxor dont le temple fut peu à peu occupé et transformé en forteresse au 3e siècle de notre ère. Une église s'y installa avec l'adhésion de l'empire romain à la religion chrétienne et finalement avec l'arrivée des musulmans une mosquée fut construite à sa place, tant et si bien que le temple de Louxor reste l'un des lieux de culte et de prière en activité les plus anciens au monde.

Sites archéologiques de la ville de Thèbes :


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