Théologie morale (catholicisme)
La théologie morale est l'expression par laquelle l'Église catholique romaine désigne ses conceptions morales. Celles-ci s'intéressent surtout aux
questions d'ordre familial et sexuel, en cela que ses positions en matière de Théorie sociale de l'Église n'ont jamais
trouvé d'aboutissement sur le plan de l'éthique.
On peut reconnaître l'orientation globale de cette conception par une réflexion reposant sur plusieurs
« axiomes » :
- le refus de considérer une personne comme un objet ou un moyen,
- la reconnaissance du caractère sacré de toute vie, ce qui ne l'empêche pas d'approuver la peine de mort dans les pays où cette sanction pénale est en vigueur. (sous peu l'article du CEC qui le
stipule)
Si l'explication officielle donnée par l'ECAR rappelle le choix de se soumettre aux lois civiles des pays, on peut se demander
si cela correspond à la vocation prophétique qu'elle affirme. Ce choix de se soumettre à la loi civile ne l'empêche pas
de soutenir sélectivement les manifestations d'opposition à d'autres lois civiles .
- le choix de la personne humaine a des degrés différents selon le sexe, (en cas de
naissance difficile, l'Église catholique choisit toujours la vie de l'enfant) et le genre
.
Reproduction
- clonage reproductif : elle s'y oppose, car ?
- contraception : elle s'y oppose, car ne correspond pas, aux finalités du mariage selon les critères de
l'Église romaine, privilégiant la fertilité. Elle conseille l'utilisation des méthodes naturelles de régulation des naissances.
- avortement : elle s'y oppose (reconnaissant l'embryon comme une personne humaine, elle considère son
élimination comme un meurtre).
L'Église catholique romaine défend (Humanæ Vitæ) la doctrine de la vie dès la conception c'est-à-dire la
qualité d'être humain à part entière à l'embryon, et ce quelques soient les circonstances de cette conception.
L'Église catholique romaine relance donc toujours la querelle de l'animation (à partir de quand peut-on parler d'un
être humain, d'une personne ?). Elle défendit successivement les doctrines du commencement de la vie suivantes :
- celle d'Augustin d'Hippône : la vie commence à la naissance
- celle de Thomas d'Aquin : la vie commence au milieu de la grossesse
- celle de Bonaventure : la vie commence à la conception.
Bioéthique
- procréation médicalement assistée : non, car ne répond pas, selon les critères de l'Église, aux
finalités du mariage ; certaines méthodes de PMA impliquent également la sélection et la destruction d'embryons : voir
sa position sur l'avortement.
- diagnotic pré-implantatoire : non, puisque ce diagnostic a parfois pour but d'orienter éventuellement vers un
avortement.
Famille
- relations préconjugales : non puisque pré-conjugales.
- adultère : le remariage des divorcés est considéré comme un adultère, puisque le mariage est considéré
comme indissoluble. Dans certains cas le mariage est reconnu comme nul, c'est-à-dire n'ayant jamais existé. Pour obtenir la
reconaissance de nullité de mariage, le ou les époux doivent apporter la preuve qu'à la prise des consentements, il existait une
entrave (mariage forcé, troubles psychologiques). L'adultère n'est pas considéré comme pouvant entrainer la reconnaissance de
nullité du mariage.
- mariage homosexuel : non (ainsi que toute relation homosexuelle) — du fait de la
finalité du mariage dans l'Église catholique romaine, qui est la reproduction. Le fait de ne pas vouloir d'enfant pour l'un des
conjoints est un cas d'annulation valide devant la Rote romaine.
Cette disposition entre dans le cadre de la politique de condamnation de l'homosexualité mise en œuvre dans les églises conservatrices depuis le XIXe siècle. Entre le XVIe siècle et le XIXe siècle, l'Église catholique romaine condamnait aussi la masturbation. Dans la période précédente, depuis la Réforme
grégorienne, elle ne s'intéressait qu'à l'inceste. Un mariage était déclaré
incestueux jusqu'au 7e degré de cousinage germain, ce qui, dans les familles aristocratiques interdisait le mariage entre 1100 personnes.
Voir aussi
catholicisme

