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Théorèmes de Sylow


Les théorèmes de Sylow en théorie des groupes forment une réciproque partielle du théorème de Lagrange, qui affirme que si H est sous-groupe d'un groupe fini G, alors l'ordre de H divise l'ordre de G. Un théorème de Sylow garantie, pour certains diviseurs de l'ordre de G, l'existence d'un sous-groupe d'ordre correspondant, et donne l'information du nombre de ces sous-groupes.

Ils portent le nom du mathématicien Norvegien Ludwig Sylow, qui les prouva en 1872.

Sommaire

Définition

Soit p un nombre premier; alors nous définissons un p-sous-groupe de Sylow de G comme un p-sous-groupe maximal de G (i.e., un sous-groupe qui est un p-groupe, et qui n'est un sous-groupe propre d'aucun autre p-sous-groupe de G). L'ensemble de tous les p-sous-groupes de Sylow pour un entier premier p donné est parfois noté Sylp(G).

Les collections de sous-groupes maximaux, dans un sens ou un autre ne sont pas rares en théorie des groupes. Le résultat étonnant ici est que dans le cas de Sylp(G), tous les membres sont en fait isomorphes entre eux; et cette propriété peut être exploitée pour déterminer d'autres propriétés de G.

Les théorèmes de Sylow

Les propositions suivantes furent avancées et démontrées par le mathématicien norvégien Ludwig Sylow en 1872. Soit G un groupe fini donné et p un nombre premier qui divise l'ordre de G, nous pouvons écrire l'ordre de G sous la forme (pn · s), où n > 0 et p ne divise pas s. Alors:

En particulier, les propriétés précédentes impliquent que tout p-sous-groupe de Sylow est du même ordre, pn; et inversement, si un sous-groupe est d'ordre pn, alors c'est un p-sous-groupe de Sylow, et ainsi est isomorphe à tous les autres p-sous-groupes de Sylow. À cause de la condition de maximalité, si H est un p-sous-groupe quelconque de G, alors H est un sous-groupe d'un p-sous-groupe d'ordre pn.

Exemples, applications

Soit G un groupe d'ordre 15 = 3 · 5. Nous devons avoir n3 divise 5, et n3 = 1 mod 3. La seule valeur satisfaisant ces contraintes est 1; ainsi, il y a un seul sous-groupe d'ordre 3, et il doit être normal (puisque il n'a pas de conjugués distincts). De façon analogue, n5 divise 3, et n5 = 1 mod 5; ains’il a aussi un seul sous-groupe normal d'ordre 5. Puisque 3 et 5 sont premiers en eux, l'intersection de ces deux sous-groupes est triviale, et donc G est nécessairement un groupe cyclique. Ainsi, il existe un seul groupe d'ordre 15 (à un isomorphisme près); noté \mathbb Z/15\mathbb Z.

Donnons un exemple plus complexe. Nous pouvons montrer qu'il n'y a pas de groupe simple d'ordre 350. Si |G| = 350 = 2 · 52 · 7, alors n5 doit diviser 14 ( = 2 · 7), et n5 = 1 mod 5. Donc n5 = 1 (puisque ni 6 ni 11 ne divisent 14), et ainsi G doit avoir un sous-groupe normal d'ordre 52, et donc ne peut pas être simple.

Démonstrations

Les démonstrations des théorèmes de Sylow exploitent la notion d' action de groupe de diverses façons. Le groupe G agit sur lui-même ou sur l'ensemble de ses p-sous-groupes de différentes façons, et de telles actions peuvent être utilisées pour démontrer l'un des théorèmes de Sylow.

Les démonstrations reposent sur plusieurs propriétés des classes de conjugaison d'éléments et de sous-ensembles de G:

D'abord, pour un groupe donné d'ordre pn·s, nous pouvons démontrer par récurrence, que G a un sous-groupe K d'ordre pn.

K est nécessairement maximal d'après Lagrange, donc est un p-sous-groupe de Sylow; et ainsi Sylp(G) n'est pas vide.

Ensuite, nous utilisons l'existence de K pour démontrer que Cl(K), la classe de conjugaison de K, est en fait Sylp(G); donc chaque p-sous-groupe de Sylow est un conjugué de K. En plus, cela démontre que np = 1 mod p.

L'autre fait concernant np suit presque immédiatement.


Remarquons que l'argument utilisé ci-dessus concernant la conjugaison reste valable aussi longtemps que |Cl(K)| = [G:N(K)] est fini; ainsi nous pouvons énoncer de façon analogue des théorèmes de Sylow pour les groupes infinis :



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