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Théories de l'évolution


L'évolution peut être décrite comme le processus par lequel les espèces se modifient par transformations successives à partir d'autres organismes. L'idée de l'évolution s'est développée au cours des XVIIIe et XIXe siècles. Elle était alors appelé transformisme.

Le but des théories de l'évolution est une tentative pour expliquer comment les espèces se sont transformées au cours du temps. Ces théories ont commencé par décrire l'évolution en tant qu'aspect de l'existence des êtres vivants (Lamarck et Darwin). Au cours du XXe siècle, la notion d'évolution a été étendue à la totalité de l'univers, depuis les particules sub-atomiques jusqu'à la société humaine par des universitaires tels que Pierre Teilhard de Chardin, Julian Huxley, James Lovelock (hypothèse Gaïa) et David Deutsch, avec une fécondité inégale.

Sommaire

L'évolution, faits et théorie

Une observation rigoureuse des êtres vivants révèle l'existence de nombreux points communs entre les organismes. Depuis l'Antiquité, l'homme a tenté de classifier la nature selon les ressemblances et les différences qu'il observait chez les animaux et les végétaux qui l'entouraient. Certaines espèces se ressemblent beaucoup, d'autres moins, bien qu'il existe une unité du vivant rarement remise en cause (et même enforcée au cours du XXe siècle). La théorie de l'évolution explique ces ressemblances par l'existence de liens généalogiques entre toutes les formes de vie : les organismes se ressemblent parce qu'ils partagent des caractères hérités d'un ancêtre commun. Certaines découvertes servent de base aux arguments en faveur des théories de l'évolution :

La théorie de l'évolution est, comme son nom l'indique, une construction intellectuelle. Elle est comme telle susceptible d'être renouvelée, et elle est en permanence soumise à des controverses (comme l'existence ou non d'équilibre ponctué (voir Stephen Jay Gould, Richard Dawkins). Actuellement, rien ne permet de démontrer qu'elle est inexacte, en revanche, on ne peut encore la considérer comme complète, et chaque décennie apporte des éléments permettant de la raffiner. Comme toute théorie scientifique, elle est susceptible elle-même... d'évolution.

Elle n'est, de plus, pas acceptée par tous puisque elle remet fortement en cause le rôle traditionnel de Dieu dans les monothéismes. On peut opposer la théorie de l'évolution à la théorie de la création.

La théorie de l'évolution

Historique

La première théorie de l'évolution authentique est due à Jean-Baptiste de Lamarck, qui publie en 1809 sa Philosophie zoologique. En résumé, il soutenait l'idée de l'hérédité des caractères acquis. Si, actuellement, il ne reste plus grand-chose de cette théorie, on peut reconnaître à Lamarck le mérite d'avoir fondé l'évolutionnisme moderne. En 1859, Charles Darwin, un naturaliste anglais, publie De l'origine des espèces. Il y reprend les idées de Lamarck tout en les critiquant et en les modifiant. Darwin ajoute surtout une foule de preuves en faveur de l'idée d'évolution et propose pour la première fois le mécanisme de sélection naturelle; mais il ne remet pas en cause, en tout cas lors des premières éditions, l'idée de conservation héréditaire des caractères acquis.

À la fin du XIXe siècle, le moine autrichien Gregor Mendel découvre les lois de la génétique avec ses célèbres expériences des petits pois (des tests statistiques de chi2 suggèreront au XXe siècle que l'auteur leur avait donné un petit coup de pouce). En 1910, le biologiste DeVries découvre les mutations et les propose en tant que mécanismes de l'évolution. Dans les années 1930, des biologistes comme Thomas Hunt Morgan font beaucoup progresser la génétique, notamment grâce à l'étude des chromosomes de la drosophile (Drosophila melanogaster ou mouche du vinaigre) qui portent les gènes.

Dans les années 1940, quelques pionniers (Theodosius Dobzhansky, Ernst Mayr, George Simpson et Julian Huxley) fondent la TSE, ou Théorie Synthétique de l'Evolution. Comme son nom l'indique, celle-ci est destinée à synthétiser et à englober dans une vision d'ensemble les données accumulées séparément par la génétique, la biologie et la paléontologie. Simultanément, un embryologiste autrichien, Richard Goldschmidt, propose sa théorie du monstre prometteur.

Au cours des années suivantes, la TSE s'imposera plus ou moins sérieusement dans le monde scientifique. Elle subira d'importantes modifications dans les années 1970 ; le généticien japonais Motoo Kimura propose en 1970 la théorie neutraliste de l'évolution moléculaire, où il affirme que l'évolution, au niveau des gènes, doit au moins autant sinon plus au hasard qu'à la sélection naturelle. En 1972, S. J. Gould et N. Eldredge publient leur théorie des équilibres ponctués, qui affirme combler une faille de la TSE : les paléontologues (comme Simpson) affirmaient en effet que l'on devrait voir les espèces se transformer toujours très graduellement, et que l'on devrait donc trouver des fossiles correspondant à toutes les étapes d'une spéciation. On peut représenter cette idée sur un graphique sous forme de courbe ou de droite. Le problème majeur est de définir sur quel point du graphique se situe les nouvelles espèces. Des biologistes (comme Mayr) pensaient que les apparitions de nouvelles espèces correspondaient à des événements rares et ponctuels, que l'on peut représenter sous forme d'un escalier, les paliers étant pour les périodes où une population ne subit aucun changement. Pour Gould et Eldredge, ce sont les biologistes qui ont raison ; les paléontologues auraient en fait mal interprété les fossiles.

Enfin, dans les années 1980, et jusqu'à nos jours, les travaux visant à relier la génétique et l'embryologie réhabiliteront certains aspects de la théorie du monstre prometteur de Goldschmidt.

La théorie moderne de l'évolution

Quelques erreurs célèbres sur la théorie de l'évolution

Si la théorie moderne permet d'expliquer la plupart des observations, il reste probable qu'elle devra sans doute être retouchée et surtout complétée dans l'avenir, comme toute théorie scientifique. Ce qui ne changera guère est l'importance du rôle de l'ADN dans le processus de régulation de la vie sur Terre - et peut-être ailleurs, puisqu'on n'estime pas impossible qu'il y ait eu dans le passé des bactéries sur Mars.

Une image donnée par Richard Dawkins

Pour se trouver mille ancêtres différents, il faut remonter en arrière de quelques siècles (le calcul est un peu compliqué du fait des fréquents mariages entre parents éloignés). On estime aussi que la moitié au moins des enfants mouraient en bas âge avant le XIXe siècle.

Il est donc intéressant de se demander combien de ces mille derniers ancêtres sont morts en bas âge, et la réponse est bien entendu aucun, par définition. Nous ne sommes donc nullement représentatifs de l'humanité passée, car descendants d'une longue lignée de gens qui ont tous eu de la chance pour survivre, trouver un partenaire, et amener une progéniture à l'âge de la procréation. Une génération peut avoir de la chance. Quand une dizaine en a coup sur coup, on peut supposer qu'elle doit sa chance à une série de facteurs qui se retrouvent de l'une à l'autre. Cette considération à elle seule montre que même à notre échelle, nous avons participé un tout petit peu, sur les quelques derniers siècles à l'évolution. D'ailleurs notre simple choix d'un conjoint se révèle, comme le montre le biologiste Geoffrey Miller obéir à des choix pas toujours conscients d'eugénisme.

Il convient de se rappeler aussi que dans le cas de l'homme les facteurs de survie ne sont pas seulement génétiques, mais également culturels.

Richard Dawkins pousse plus avant ses spéculations en considérant l'être vivant comme un conteneur à gènes (ce serait en tout cas le point de vue des gènes, s'ils en avaient un!). Pour lui les produits des gènes - cellules, tissus, organes, organismes, sociétés - servent aux génes à se repliquer et à survivre. Il répond à la question suivant : de l'œuf ou la poule qui est le premier? « La poule est le moyen trouvé par l'œuf pour faire d'autre œufs » (voir cependant un autre article concernant ce paradoxe). Ce renversement de perspective considère l'être vivant comme la marionnette (Dawkins utilise le terme de véhicule-robot) de ces gènes.

Tout en la reconnaissant ingénieuse, Stephen Jay Gould a mis en garde contre une prise trop au pied de la lettre de cette vision. Les gènes ne possèdent ni intention, ni projet au sens que nous donnons à ces termes. Dawkins qui n'utilise le terme qu'en tant que métaphore parlante, saisit parfaitement la nuance, mais ce n'est pas toujours le cas de tous ses lecteurs.

l'entraide, un facteur de l'évolution

C'est ainsi que sera développée en 1906 par Pierre Kropotkine dans son livre « L'entraide : un facteur de l'évolution » une critique claire vis à vis du darwinisme social. Voir aussi : coopération.

Voir aussi

Liens internes

Liens externes relatifs à la théorie

Sites réfutants les théories de l'évolution

Ouvrages sur le sujet

Lorsqu'il y a deux dates, la première est celle de la première parution, dans la langue d'origine.



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