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En Indochine française, la monnaie était la piastre.
Cette monnaie locale avait un cours de change administrativement lié au franc, un peu comme le franc CFP ou le franc CFA. Un des buts officiels était de décourager la spéculation monétaire.
Malheureusement, les conditions économiques étaient différentes dans cette colonie et dans la métropole.
C'est ainsi que les conditions pour un lucratif trafic se sont trouvées réunies :
Bien entendu, toutes les variantes étaient possibles (expéditions fictives, achat de complicité, etc.).
En outre, certains prétendent que des trafiquants de piastres étaient liés à des hommes politiques, notamment chargés de décider le taux de change officiel de la piastre, mais bien entendu rien ne prouve une telle assertion.
« La période des guerres coloniales n’a guère été plus reluisante. Insistons sur un fait, un seul qui résume la solidité apparente du tryptique Patronat, identité patriotique et enjeu de puissance : les autorités françaises de la IVe République n’ont jamais eu le courage ou l’honneur de dénoncer le crime de haute trahison commis par une grande banque française, très implantée en Indochine, qui tirait des bénéfices énormes du trafic de piastres qui sévissait à Saigon. Il ne s’agissait pas hélas d’une escroquerie purement financière. L’organisateur du trafic de piastres était le Viet Minh Celui-ci a largement profité de ce trafic pour acheter d’importantes quantités d’armes qui servaient ensuite à tuer des soldats français et vietnamiens. Ces banquiers n’ont jamais été arrêtés, encore moins jugés. Le microcosme parisien des affaires savait. Il n’en a rien dit. » (Jean-Marie Messier).


