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Traite des noirs

La traite des noirs est le nom donné à la Restauration au trafic à grande échelle d'esclaves d'origine africaine vers des destinations hors de leur continent. On distingue deux périodes, une première traite, d'origine arabe, de main-d'œuvre servile majoritairement féminine, à vocation domestique et sexuelle, et une seconde d'origine européenne, destinée au développement économique du Nouveau Monde.

Sommaire

La première traite : les Arabes

Le continent africain a été victime d'une première traite, moins connue mais toute aussi importante, menée par les Arabes, principalement de 652 à 832, mais qui en fait a duré jusqu'au XXe siècle. Deux réseaux sont mis en place : un axe transsaharien destinée à approvisonner l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient et un axe oriental vers la péninsule arabique. Les historiens estiment à douze à dix-huit millions le nombre d'Africains déplacés pendant cette période où se mirent en place les structures dont profitèrent les occidentaux pour le commerce triangulaire. Le trafic situé sur les bords de la Mer Rouge continue encore aujourd'hui (exemple du Soudan).

Les Mille et une nuits illustrent à leurs manières ce genre de vie. Cette traite revêt un caractère atroce, pire encore que le commerce triangulaire qui suivra : les esclaves sont soumis à des traitements brutaux et sont assez souvent châtrés pour éviter qu'ils ne fassent souche. Étant donné le prix peu élevé auquel la main-d'œuvre est vendue, il est facile pour les Arabes de se réapprovisionner sur les côtes d'Afrique Orientale, notamment à Zanzibar. Cette traite à grande échelle a pris fin suite à la révolte des Zendj (noirs) qui a ébranlé l'Empire abbasside. Celui-ci, affaibli, devait s'écrouler sous les coups des Mongols.

Le commerce triangulaire : l'Occident

Transport d'esclaves en Afrique, Gravure du XIXe siècle
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Transport d'esclaves en Afrique, Gravure du XIXe siècle

Le terme de commerce triangulaire désigne, lui, la pratique ayant cours du XVIe au XIXe siècle et décrit le caractère relationnel Europe-Afrique-Amérique, exclusivement atlantique, de cette traite. Ce commerce était destiné aux Amériques afin de faire travailler ces hommes dans les plantations qu'avaient établies les Européens.

Les Africains prélevés étaient destinés à remplacer la main d'œuvre amérindienne décimée par les massacres, les nouvelles maladies apportées par les Européens et par le travail dans les mines auquel ils ne survivaient pas. De plus, les amérindiens furent, en outre, protégés par l'Église, depuis la Controverse de Valladolid, la bulle Veritas ipsa du pape Paul III du 2 juin 1537 condamnait l'esclavage des amérindiens et affirmait leur droit en tant qu'êtres humains à la liberté et à la propriété.

Le schéma typique de ce commerce inhumain était le suivant : des mercenaires attaquaient des villages peu ou mal défendus et revendaient leur butin humain à des intermédiaires, Arabes, ou directement aux Occidentaux, qui s'engagaient ensuite sur l'océan à bords d'immenses navires négriers.

Il faut aussi citer les odieux chantages, comme celui dont fut victime le roi Affonso Ier (Nzinga a Mvemba) de la part des mercenaires/missionnaires portugais (ils lui « proposaient » d'accepter le commerce des esclaves ou bien de voir exécutés une grande partie des enfants de la capitale - Mbanza Kongo - pris en otages par ses mercenaires).

D'autres méthodes consistaient aussi à enfermer des personnes dans un engrenage infernal, par exemple, à faire prisonniers des chefs de guerre et à leur proposer, en échange de leur liberté, de capturer quatre personnes en vue de les asservir (cf. Cada Mosto 1453).

Un auteur (Madame Crété) affirme : « Pour se défendre ou reconquérir leur liberté, les peuples assujettis ou en voie de l'être, devaient acquérir des fusils et de la poudre. L'Afrique de l'Ouest fut entraînée dans une course aux armements qui aboutit à un accroissement du trafic des esclaves. Les Africains étaient pris dans un engrenage infernal : pour obtenir des fusils, il fallait des esclaves ; pour se procurer des esclaves, il fallait des fusils. Au XVIIIe siècle, les guerres tribales mirent la région à feu et à sang »).

Pour ce qui est des conditions inhumaines de transport de la « marchandise humaine », elle est à l'image de la mentalité ambiante : la traversée se faisait dans des conditions épouvantables, la mortalité de la « marchandise » étant évaluée à près de 50%. Les esclaves étaient systématiquement soumis à une quarantaine avant d'être débarqués. Ils étaient alors prêts pour partir travailler dans une plantation.

Ce trafic était très fructueux : le bénéfice du négrier était de 80 000%. Dans des villes portuaires comme Bordeaux, Nantes, la Rochelle, Londres, Lisbonne ou Copenhague, la vente de Bois d'Ebène a permis la constitution d'une grande bourgeoisie très fortunée.

Conclusion

La traite des noirs a vidé l'Afrique d'une grande partie de son potentiel humain, on pense que plusieurs dizaines de millions d'Africains ont été ainsi déportés, principalement des hommes jeunes et bien portants.

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