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La Transnistrie moldave est un petit territoire de 4163 km² étiré le long de la frontière Est de la Moldavie entre le fleuve Dniestr et la frontière de l'Ukraine et peuplé de 750 000 habitants. C'est une république auto-proclamée, sa capitale est Tiraspol.
La Transnistrie est une région que le gouvernement moldave ne contrôle pas et qui demeure sous occupation militaire de la 14e armée russe. Ainsi, la Transnistrie est devenue, de facto, une enclave russe entre la Moldavie et l'Ukraine. Garanti par l'appui russe qui assure une neutralité et un statu-quo entre les différentes parties en présence, un statut d'autonomie accepté par la Moldavie et un référendum contesté qui opte pour l'indépendance, il n'en résulte de fait pas moins une réelle partition entre la république de Moldavie et la république moldave de Transnistrie.
La Transnistrie possède sa propre constitution, son drapeau, son hymne, son président, son parlement, son gouvernement, son armée (en même temps que l'armée russe), sa monnaie (le rouble transnistrien ou Souvoriki) et son alphabet (cyrillique). Cependant, aucun État, pas même la Russie, ne reconnaît l'indépendance de la Transnistrie.
La Transnistrie tire son nom de Nistru, une dénomination roumaine et moldave du fleuve Dniestr en russe. L'appellation de Transnistrie est relativement récente, car non seulement elle recouvre plusieurs réalités selon les époques, mais elle a changé plusieurs fois de nom.
Après la guerre russo-turque (1877-1878), le territoire fut occupé en 1892 par l'empire russe dont il resta la frontière sud-ouest sur le Dniestr jusqu'à l'annexion de la Bessarabie (en gros l'actuelle Moldavie) par la Russie (traité de Bucarest).
En 1924, l'URSS créa sur le territoire appelé aujourd'hui Transnistrie, la République autonome socialiste soviétique de Moldavie (RASSM). Avec une superficie de 8 432 km² (aujourd'hui : 4 163 km²), cette nouvelle république «autonome» de Moldavie ne disposait pas de débouché sur la mer Noire, mais elle en avait dans le cadre de la république d'Ukraine. Sa population comptait alors 500 000 habitants.
En 1940, la RASSM fut rattachée à la République socialiste soviétique de Moldavie (RSSM). Sa capitale devint Kichinev (aujourd'hui Chisinau). L'année suivante, les troupes roumaines et allemandes occupèrent la région de l'actuelle Transnistrie, son territoire fut étendu jusqu'à Odessa en Ukraine. Ce territoire de la RASS de Moldavie (40 000 km²) fut ensuite administré par la Roumanie à partir de 1941.
En août 1944, suite aux défaites allemandes, les Soviétiques occupèrent à nouveau la province de Transnistrie, mais aussi la Bessarabie (l'actuelle Moldavie) et la république socialiste soviétique de Moldavie fut rétablie dans ses frontières de 1940 avec la province de Transnistrie à l'Est. Mais, favorisée pour des raison politiques par Joseph Staline, une discrimination économique s'installa entre en défaveur de la partie moldave de la RSS de Moldavie et au profit la province de Transnistrie peuplée en majorité de Russes et d'Ukrainiens.
En juin 1990, lorsque le Parlement moldave adopta l'utilisation du moldave (roumain) comme seule langue officielle de la Moldavie, les Russo-Ukrainiens exprimèrent leur mécontentement. De plus, une éventuelle réunification entre la Roumanie et la Moldavie paraissait inacceptable pour les russophones, déjà alertés depuis 1989 par la réintroduction de l'alphabet latin sur tout le territoire et la volonté moldave de sortir du giron soviétique. Aussitôt, les minorités russophone de Transnistrie réclamèrent l'autonomie de leur région. À l'occasion d'un référendum tenu en décembre 1991, la population de Transnistrie se prononça pour l'indépendance pure et simple de son territoire.
En 1992, une guerre civile éclata dans la république de Transnistrie entre les forces armées moldaves et les russophones, ces derniers étaient alors appuyés par la 14e armée russe qui était stationnée en permanence sur le territoire. La nouvelle République sécessionniste de Transnistrie désigna Tiraspol comme capitale et demanda son rattachement à la Russie.
À l'automne 1992, la guerre aboutit à un accord entre le président moldave Mircea Snegur et le président russe Boris Eltsine : la Russie devenait neutre (elle cessait d’appuyer la Transnistrie) et la Transnistrie bénéficiait d'un statut politique particulier de région autonome dans le cadre de la république de Moldavie. En échange, la Moldavie s'engageait à ne pas demander son rattachement à la Roumanie ou, dans ce cas, à accorder le droit à l'autodétermination de la Transnistrie.
Actuellement, la situation est bloquée pour des considérations géopolitiques par la Russie qui n'a pas intérêt à voir la Transnistrie se mettre d'accord avec la Moldavie et permettre à cette dernière d'accèder à une fusion avec la Roumanie ce qui équivaudrait à transformer les bases russes en Transnistrie en bases de l'OTAN. D'autre part, le président Igor Smirnoff de Transnistrie qui dirige un régime dictorial et corrompu rejetté par la comunauté internationale n'est pas prêt à abandonner les rênes d'un pays ou tous les trafics sont permis.
Les efforts actuels du président Vladimir Poutine vont dans le sens de la création d'une région intégrée à la Moldavie, mais sous tutelle Russe afin de sécuriser la frontière entre l'Union européenne et la Russie dès lors que la Roumanie entrera dans l'union européenne, risquant d'entraîner avec elle la Moldavie.


