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Un ukulélé est un instrument de musique à cordes pincées, traditionnel des îles Hawaii.
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L’ukulélé est une adaptation du cavaquinho (aussi appelé braguinha). Il a été introduit à Hawaii par des immigrants Portugais de l'île de Madère en 1879, débarqués là pour cueillir la canne à sucre. Rapidement adopté par les Hawaiiens, il fut promu au rang d'élément culturel du renouveau de la culture hawaïenne par le roi David Kalakaua. L'accordage a été modifié par les hawaiiens, les essences de bois locales furent utilisées pour le construire (notamment le koa) et la forme a évolué.
Au début du XXe siècle, l’ukulélé a été introduit aux États-Unis, où il connut un franc succès et un développement considérable jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
Les essences de bois utilisées pour le ukulélé sont très variées. Les premiers ukulélés étaient entièrement fabriqués en bois de koa et/ou de kou, essences hawaiiennes locales. Aujourd'hui ces deux essences sont rarifiée (koa) ou disparue (kou), on utilise donc des essences de bois similaires à la guitare.
Aux États-Unis dans les années 50 un modèle entièrement en plastique a été commercialisé : le Flamingo, notable non seulement pour sa diffusion, sa conception originale, mais aussi pour son créateur, Mario Maccaferri.
L’ukulélé possède quatre cordes en nylon ou en métal. Le cavaquinho utilise des cordes en métal, on doit apparemment aux premiers luthiers de ukulélé la décision d'utiliser des cordes en boyaux de mouton (dits boyaux de chat).
Dans le prolongement du manche, la tête le mécanisme d'accordage. Les cordes sont accordées à l'aide de chevilles sur les modèles anciens, comme pour les violons, ou à l'aide de clefs mécaniques qui possèdent une vis de blocage sur le dessus de la clef pour les modèles plus récents. On rencontre aussi des ukulélés équipés de mécaniques similaires à celles de la guitare.
Elle peut être sculptée, ornée de marqueterie, porter le sigle du luthier ou du fabriquant. A la jonction table/touche on trouve le sillet de tête, qui est généralement fabriqué en os ou dans un matériau plastique qui imite l'ivoire.
La touche du ukulélé quand il ne s'agit pas simplement de la surface plate du manche, est une mince pièce de bois collée sur cette surface (ébène, palissandre, noyer, etc.). Elle peut se prolonger au delà du manche sur la table d'harmonie. Les frettes (ou barrettes) sont en général un alliage de nickel et d'argent. Les repères de touches, incrustations dans la touche, sont faites de nacre ou d'une matière plastique qui l'imite. Le manche lui même est fait d'un bois solide (acajou,érable,palissandre, etc.). La partie incurvée du manche à la jonction manche/corps est appelée le genou.
La table d'harmonie est l'élément principal dans la sonorité de l'instrument. La taille du ukulélé étant réduite, il est important que la table d'harmonie soit fine afin de bien transmettre les vibrations. Aujourd'hui elle est souvent fabriquée en [koa], [épicéa], ou noyer. Si la table est en koa, la caisse (éclisses et dos) le sont généralement aussi, la caisse peut également être en noyer, et de manière générale en n'importe quelle essence de bois utilisée pour la même partie en lutherie de guitare. On trouve également certaines caisses en matière plastique, telle la célèbre caisse Ovation des modèles de Applause, ou la caisse moulée des ukulélés Flukes et Flea de Jim Beloff.
Si de manière générale le ukulélé à la forme réduite d'une guitare d'autres forme sont courantes. À l'instar d'autres instruments à cordes pincées, on trouve une grande variété de formes dans les modèles éléctriques, mais pour le ukulélé il existe également des variations importantes dans les modèles acoustiques, ainsi la forme d'ananas (pineapple) inventée dans les années 1920 est aujourd'hui largement répandue.
Il existe quatre tailles de ukulélé : soprano, concert, ténor et baryton, de la plus petite à la plus grande. La taille originale est le soprano. Les tailles concert et ténor ont fait leur apparition aux États-Unis dans les années vingt, la taille baryton a été créée dans les années cinquante.
Le ukulélé hawaiien peut avoir des cordes doublées, il s'appelle alors un Taropatch ou Taropatch Fiddle.
Les ukulélés à résonateur sont des ukulélés acoustiques possédant une partie métallique pouvant vibrer sous le chevalet, qui amplifie et répercute les vibrations, produisant un son plus puissant et assez spécifique. La marque américaine la plus connue pour les ukulélés à résonnateur est National/Drobro avec leurs ukulélés à résonateur métallique. En France, la marque Gélas produisit par le passé un ukulélé à double table qui faisait office de résonnateur.
Comme avec la guitare, il existe des ukulélés électro-acoustiques, avec un microphone intégré, leurs formes sont variées. On trouve aussi des ukulélés totalement électriques avec cordes en métal, micros magnétiques et électronique passive ou active, à demi-caisse ou corps massif.
Le banjo ukulélé est un instrument qui entre habituellement dans la catégorie des ukulélés. Le banjo-ukulélé n'a du banjo que la peau et le chevalet, le reste (taille du manche, cordes, etc.) relevant du ukulélé.
A Tahiti, le ukulélé standard est très répandu mais on le trouve aussi sous une forme spécifique monoxyle, sous des formes variées, proches de l'originale ou beaucoup plus étonnantes. La bouche du ukulélé tahitien est couverte d'une mince plaque de bois qui porte le chevalet (comme la peau d'un banjo). Si ses cordes (pour lesquelles du fil de pêche de couleur vive est fréquemment utilisé) sont souvent doublées ou triplées à l'unisson, elles ne le sont pas forcément toutes. À Tahiti, le ukulélé est utilisé quasi exclusivement en tant qu'instrument rythmique, il peut être joué encore plus rapidement qu'à Hawaii.
On note les cordes de la premières à la quatrième, la première corde est celle qui est le plus proche du sol en position de jeu.
Le ukulélé est accordé en accord de Do sixième : Sol, Do, Mi, La de la quatrième corde vers la première corde (le do est accordé sur le do central du piano). Il arrive aussi qu'il soit accordé un ton au-dessus en La Ré Fa# Si. Un autre accordage qui devient courant depuis la fin du XXe siècle est l'accord en « Slack Key », Sol Do Mi Sol (où les deux sols sont identiques).
Habituellement et traditionnellement la quatrième corde (corde de Sol dans l'accordage le plus répandu) est accordée en « ré-entrant » (au sens de rentrer à nouveau, et non pour désigner la note ré) : elle est plus plus aiguë que la troisième corde (classiquement Do). Toutefois certains musiciens préfèrent la mettre à l'octave inférieure sur les ténors (et plus rarement les concerts).
Le ukulélé baryton s'accorde comme les quatre premières cordes d'une guitare (Ré Sol Si Mi), la corde de Ré peut être ré-entrante.
La position de jeu n'est pas similaire à celle qu'on emploie sur la guitare. En position debout, l'avant-bras droit maintient l'instrument, les cordes sont jouées un peu en dessous de la jonction du manche et du corps (et non devant la bouche). En position assise l'extrémité du corps est coincé sur la la partie antéro-intérne de la cuisse. En fingerpickig on peut jouer seulement avec le pouce, l'index et le majeur, éventuellement en appuyant l'auriculaire sur la table d'harmonie). Les techniques de guitare et de banjo peuvent être adaptées.
Le ukulélé peut être comparé à ou confondu avec plusieurs instruments à cordes pincées : timple des îles Canaries, ce dernier possédant cinq cordes avec le même accordage (la corde supplémentaire étant accordée en ré), charango bolivien, cuatro (accordage similaire mais non ré-entrant), tiple colombien, cabosse malgache, mais son plus authentique et plus proche cousin (et son ancêtre) est bel et bien le cavaquinho.


