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Union nationale des étudiants de France


L'Union nationale des étudiants de France (UNEF) est un syndicat étudiant, au sens où il permet à ceux-ci d'exercer leur avis et leur droit de vote sur la gestion des infrastructures universitaires, que ce soit la recherche, la restauration étudiante, les logements étudiants, ou encore les problèmes de discrimination.

Elle est présente sur la majeure partie des universités de France et est la première organisation étudiante. Indépendante des partis politiques, elle n'en reste pas moins proche, en fonction de ses courants, des différents partis de gauche ou d'extrême gauche dont ses militants sont parfois membres à titre individuel.

Son actuel président est Yassir Fichtali, qui appartient au courant Majorité Nationale.

Sommaire

Son histoire

La création et les premières actions

L'UNEF est constituée le 4 mai 1907 lors d'un rassemblement des AGE (associations générales étudiantes) à Lille, afin de constituer une structure nationale. Sont alors présentes les AGE de Lille, Paris, Dijon, Lyon et Bordeaux. Ses membres fondateurs souhaitent que la structure soit associative (loi de 1901) et non syndicale (loi de 1884).

Cette structuration nationale découle d'une volonté des étudiants d'être représentés dans les organes de décision locaux et nationaux.

Dès ses débuts, elle défend les intérêts des étudiants, et incite la création des structures de médecine préventive au sein des universités, ou encore des restaurants universitaires (RU).

Son dynamisme lui vaut la reconnaissance de la part du président Gaston Doumergue, qui la déclare d'utilité publique par décret du 16 mai 1929.

En 1936, elle participe à la création du Comité supérieur des œuvres sociales, ancêtre du CNOUS et des CROUS. Désormais, elle représente officiellement les étudiants au sein d'une instance nationale.

Le tournant : la Charte de Grenoble de 1946

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'UNEF est affaiblie par la création de nouveaux groupes d'étudiants. Le congrès de Grenoble donne lieu a une réflexion sur l'avenir de la structure, et il en ressort la rédaction d'une charte - appelée Charte de Grenoble - signée le 24 avril 1946. Elle se base sur le contexte mondial de l'époque pour y faire figurer ses idées. La clé de voûte de la charte tient dans l'article 1 : L'étudiant est un jeune travailleur intellectuel. Cela lui apporte un certain nombre de droits, mais aussi de devoirs : le droit au travail, le devoir de s'intégrer à la société, celui d'acquérir les connaissances requises pour son avenir professionnel, la défense de la liberté, etc.

En juin 1947, le syndicat se fait entendre dans la rue suite à l'annonce par le gouvernement de la baisse des bourses et de la hausse des droits universitaires.

La MNEF (Mutualité nationale des étudiants de France) est créée en 1948, et marque l'entrée des étudiants dans le système de la sécurité sociale. Cet organisme est géré par les étudiants, et notamment ceux appartenant à l'UNEF.

Cette période d'après-guerre est celle de la reconnaissance pour l'UNEF : hébergée dans les locaux du Comité parisien des œuvres, elle entretient de bonnes relations avec les dirigeants de l'État et des universités.

Les premières scissions

Dans les années 1950, des luttes internes ont lieu entre les différents groupes d'idées émergents. La Guerre d'Algérie ne fait qu'envenimer ces luttes, même si l'UNEF ne souhaite pas prendre position en sa faveur ou en sa défaveur, car elle est présente - dans les milieux étudiants - à la fois en France métropolitaine et en Algérie. Les « majos », à tendance corporatiste (alors que les « minos » sont politiquement plus à gauche et font prendre à l'UNEF des positions anti-guerre dès 1956, avec entre autres la question du service militaire des étudiants), considèrent malgré tout que l'Algérie est et doit rester française. Certains dissidents crééent le Mouvement des étudiants de France, qui ne dure pas, mais cette évolution marque le début de la création de contre-pouvoirs.

Face à ces remous, le gouvernement menace de supprimer de Centre national des œuvres et oblige le syndicat à signer une charte d'apolitisme pour mettre fin aux luttes internes, qui ne font qu'afaiblir l'UNEF. Néanmoins, un groupe d'étudiants decide de créer, en 1962, la Fédération Nationale des Étudiants de France (FNEF), qui obtient sans attendre une place auprès du gouvernement.

En 1963, le journal Le Monde n'hésite pas à dénoncer le caractère politisant de l'UNEF, et le fait que ses membres souhaitent en faire un instrument de lutte idéologique en milieu universitaire contre la société bourgeoise.


À la veille des évènements de mai 1968, elle est décridibilisée auprès des étudiants et du gouvernement (désormais, ce dernier subventionne presque exclusivement la FNEF), aurait besoin d'un renouveau.

La scission de 1971

Pour la première fois, deux congrès sont organisés en 1971. L'un se déroule à Dijon, et rassemble les partisans de l'UNEF-Unité Syndicale (soutenus notamment par la CFDT et Force Ouvrière. Pour ce groupe, il s'agit de défendre l'ensemble des étudiants, sans distinction sociale, et militer pour la création d'une allocation d'étude. Le deuxième se déroule à Paris, autour de l'UNEF-Renouveau et soutenu par la CGT , le SNES-Sup et le parti communiste; cette mouvence affirme au contraire qu'il faut en priorité défendre les étudiants issus de la classe ouvrière, et leur permettre d'obtenir une bourse plus avantageuse que l'allocation d'études pour tous, toutes classes confondues.

Désormais, les mobilisations sont très politisées, notamment avec la prise de position contre la guerre du Viet Nam.

Le retour au syndicalisme et la création de l'UNEF-ID

En 1980 est créée l'UNEF-ID (Indépendante et Démocratique), et rassemble des étudiants de toute la gauche, à l'exception des communistes. La Charte de Paris, inspirée de la Charte de Grenoble de 1946, définit les axes de travail prioritaires : la lutte en faveur de l'aide sociale étudiante, et contre la sélection à l'université. Cette dernière donne d'ailleurs lieu à la loi Savary en 1984.

La réunification

Le 24 juin 2001, un congrès de réunification du syndicalisme étudiant se tient et aboutit à la fusion de l'UNEF-ID, de l'UNEF-SE et d'une partie de Sud-Étudiant sous le nom UNEF, reprenant ainsi la dénomination antérieure aux anciennes divisions.

Cette réunification permet à l'UNEF de conforter sa place de première organisation étudiante au sein du CNESER (Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche) et du CNOUS.

Mars 2003 : la nouvelle scission

En mars 2003 une des tendances minoriataires de l'UNEF, la tendance syndicale, quitte le syndicat pour créer la Confédération Etudiante. Un syndicalisme qu'il considère comme plus proche d'un syndicat de salariés : la CFDT.


Le cas de l'UNEF-ID LILLE II

Au milieu des années 1990, un petit groupe d'une quinzaine d'étudiants en droit (UNEF-ID LILLE II) prit en otage les représentants parisiens venus à Lille pour les élections du congrès national. Ce groupe égalitariste, n'hésitant pas à employer des moyens non-conventionnels, militait contre le centralisme parisien et la dérive droitière de l'UNEF-ID ; il marqua par ses positions les prémisses du courant altermondialiste radical au sein du mouvement étudiant.

Les courants

Les autres structures étudiantes

Liens externes

Pour en savoir plus



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