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Le viol en réunion est une qualification pénale dans le droit français décrivant un acte de viol commis par plusieurs personnes agissant comme auteurs ou complices.
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Le viol en réunion est retenue par la justice française pour décrire « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou de complice ». L'expression viol collectif et plus récemment tournante sont en usage dans le public. Le viol en réunion est puni en France de 20 ans de réclusion criminelle.
La « tournante » est le nom populaire donné à une forme particulière de viol en réunion, commis par une bande d'hommes généralement jeunes sur une fille de leur entourage. C'est un phénomène social dont on parle de plus en plus depuis quelques années.
Le « phénomène » semble être apparu en France, mais s'est propagé depuis à un certain nombre d'autres pays européens (entre autres Norvège et Danemark) et extraeuropéens (Australie). Les auteurs ont en général entre 16 et 18 ans et légitiment systématiquement leurs actes par la réputation de leur victime, considérée comme « une fille facile ».
En 2001, le juge Sylvie Lotteau, du tribunal de Bobigny, décrit ainsi les tournantes : « Une fois qu'une jeune fille est devenue l'amie de l'un des membres d'une bande, les autres membres se partagent ses faveurs, en général avec le consentement de son ami, mais pas de la victime. Il faut donner une appréciation négative de la jeune fille — déjà fragilisée car souvent fugueuse, issue de familles déstructurées — pour dire après qu’elle était forcément consentante ».
Un procès ayant eu lieu en 2001 concernait onze violeurs d'une jeune fille de 14 ans dans une cave. Il est à noter que les délinquants ne manifestaient pas de compassion particulière pour leur victime, mais étaient en revanche devant une audience venue nombreuse les soutenir, d'après Le Monde. C'est cet événement qui décida le monde politique à prendre en compte cette question, poussé par le mouvement Ni putes ni soumises.
Un commandant de police de la sûreté départementale de Seine-Saint-Denis indique que « sur le 2e district du 93, qui comprend des communes difficiles comme Saint-Denis, Aubervilliers ou Stains, nous avons en moyenne deux affaires de tournantes par an. »
Toutes les victimes ne portent pas plainte. « Quand elles portent plainte, elles sont harcelées par d’autres jeunes de la cité parfaitement au courant, les parents sont obligés de déménager, leurs voitures sont incendiées », indique une avocate, Me Steyer dont une des dernières clientes a tout juste 13 ans.
Les vicitmes culpabilisent d'autant plus qu'elles sont confrontées à un groupe qui considère leur acte comme évident et normal. L'importance de ce contexte social prend une dimension d'autant plus considérable que la victime est jeune, que le groupe des violeurs peut se vanter et instituer un statut dégradant pour la victime et qu'elle ne considère ne pas pouvoir trouver auprès de sa famille la confiance ou l'appui nécessaire pour faire face à ce traumatisme. Fragilisée et déboussolée par son agression, seule contre tous, le traumatisme peut altérer à tel point l'identité propre de la victime qu'elle peut entrer dans une logique de soumission. Certaines victimes, brisées, reviennent ainsi d'elles-mêmes vers leurs boureaux ou sont incapables de leur résister par la suite. La tournante est donc dans certains cas un acte répété dans le temps qui plus encore qu'une agression sexuelle constitue une mise en « esclavage » alors que les violeurs y trouvent la justification de leur pratique.
Les tournantes se compliquent aussi de phénomènes religieux ou ethniques. Dans certains cas, une jeune femme sachant « jouir loyalement de son être », pour reprendre l'expression de Montaigne, est considérée comme ne méritant pas le respect.
Des sociologues mettent l'accent sur un effet de groupe : selon eux, l'ami de la jeune femme ne pourrait la protéger de ses amis sans se désavouer vis-à-vis d'eux. Jean-Jacques Rassial, psychologue à l'université de Villetaneuse, y voit plutôt une sorte de rite de passage où le jeune homme montre que son respect de la bande passe pour lui avant celui de son amie ou des lois du pays où il se trouve.
Flemming Balvig, criminologue à l'université de Copenhague, se range également à cette hypothèse.
La liberté sexuelle traditionnelle du Danemark prend par ailleurs de court un certain nombre de jeunes gens venant de familles non danoises pratiquant pour des raisons historiques et culturelles une morale sexuelle tout à fait opposée.


