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Vladimir Vladimirovitch Mayakovski (également sous la forme Maïakovski, ou Mayakovsky, en russe Владимир Владимирович Маяковский; né le 7 juillet/19 juillet 1893 à Bagdadi (auj. Maïakovski, Géorgie - 14 avril 1930 à Moscou) était un écrivain ukrainien (d'origine cosaque) qui écrivait en russe. Il a été un des fondateurs du futurisme russe.
| Sommaire |
Issu d’une famille modeste, il s’installe à Moscou en 1906, après la mort de son père. Il devient rapidement un des meneurs du mouvement futuriste. Tout en exploitant cette nouvelle poésie, il atteint les sommets de lyrisme dans son « Nuage en pantalon » ou dans « La Flûte en colonne vertébrale ». Il séjourne longuement à Paris où il a une liaison avec Lyli Brik (la sœur d'Elsa Triolet) à laquelle il écrira ses plus belles poésies. De retour à Moscou et après la révolution d’Octobre 1917, qu’il accueille d’abord favorablement, il utilise son talent au service du pouvoir politique, notamment dans le poème « Lénine ». Il écrit également deux pièces satiriques assez intéressantes : « La Punaise » et « Les Bains publics ». Déçu dans sa vie sentimentale, trompé par ses choix politiques, malade, il se suicide en 1930, à coup de revolver.
Le premier à avoir utilisé le terme de « futuriste » fut, le 24 février 1913, le poète Vladimir Maïakovski, à l’occasion d’un débat sur l’art contemporain, même si le néologisme slave de budetljany (les hommes de l’avenir), qu’introduit le poète Vélimir Khlebnikov, eut un succès bien plus grand. « Le futurisme n’est pas une école, c’est une nouvelle attitude », écrivit David Bourliouk, l’artiste ukrainien qui, en 1911, figure parmi les fondateurs du Groupe de Gileja, d’où s’est inspiré officiellement le futurisme russe, une expérience qui se poursuivit, avec des résultats alternes, jusqu’en 1930, l’année de la mort de Maïakovski et de la fin de l’élan novateur.
« Les Futuristes russes définissaient eux-mêmes budujany, gens de l’avenir et plaidaient pour la destruction du vieil art « mangé par les mites ». Les Futuristes russes considéraient l’homme comme une partie de la terre et de la nature ».
Vladimir Maïakovski Andrée Robel Claude Frioux Gallimard ; poche ; lettres ; 11/1999 8,55 €
Vladimir Maïakovski Le Temps Des Cerises ; 11/2000 Tirage épuisé, indisponible.
Vladimir Maïakovski Claude Frioux Textuel ; 10/1997
"Vers sur le passeport Sovietique"
Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n’ai pas le respect des mandats,
et j’envoie à tous les diables paître
tous les « papiers ».
Mais celui-là...
Longeant le front des compartiments et cabines,
un fonctionnaire bien poli s’avance.
Chacun tend son passeport, et moi je donne
mon petit carnet écarlate.
Pour certains passeports on a le sourire,
d’autres on cracherait dessus.
Au respect ont droit, par exemple,
les passeports avec lion anglais à deux places.
Mangeant des yeux le brave monsieur,
faisant saluts et courbettes,
on prend comme on prend un pourboire,
le passeport d’un Américain.
Pour le Polonais on a le regard
de la chèvre devant l’affiche.
Pour le Polonais le front est plissé
dans une policière éléphanterie
d’où cela sort-il et quelles sont ces
innovations en géographie ?
Mais c’est sans tourner le chou de la téte,
c’est sans éprouver d’émotions fortes
qu’on reçoit les papiers danois
et les suédois de diverses sortes.
Soudain, comme léchée par le feu,
la bouche du monsieur se tord.
Monsieur le fonctionnaire
a touché la pourpre de mon passeport
Il le touche comme une bombe,
il le touche comme un hérisson,
comme un rasoir à deux tranchants,
il le touche comme un serpent à sonnettes,
à vingt dards, à deux mètres de longueur et plus.
Complice a cligné le regard du porteur,
qui est prét à porter vos bagages pour rien.
Le gendarme contemple le flic,
le flic le gendarme.
Avec quelle volupté la caste policière
m’aurait fouetté, crucifié,
parce que j’ai dans mes mains,
porteur de faucille,
porteur de marteau,
le passeport soviétique.
Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n’ai pas le respect des mandats,
et j’envoie à tous les diables paître
tous les « papiers », mais celui-là...
Je tirerai de mes poches profondes
l’attestation d’un vaste viatique.
Lisez bien, enviez
je suis
un citoyen
de l’Union Soviétique.
(1929)


