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Youri Ivanovitch Bandajevsky, (aussi: Yuri Bandazhevsky) né le 9
janvier 1957 en Biélorussie,
est un scientifique travaillant sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl.
Fils unique d'une famille communiste, son père est un officiel du parti et sa mère est enseignante. Il a fait ses études à l'Institut médical de Grodno et a obtenu une thèse de doctorat en 1987. Il est ensuite devenu directeur du Laboratoire central de recherche scientifique de Biélorussie.
En 1999, Youri Bandajevsky est un scientifique réputé, professeur d'anatomo-pathologie et recteur depuis 10 ans de l'Institut de médecine de Gomel, où il avait décidé de s'installer, préférant travailler au cœur des zones contaminées afin d'étudier l'impact de la catastrophe de Tchernobyl et de répondre aux besoins des victimes.
Investi corps et âme dans ses recherches sur la détérioration de l'état de santé des enfants, il a pris des positions courageuses qui lui ont coûté la liberté et la santé. Il a ainsi publiquement critiqué le gaspillage des fonds publics consacrés à la recherche sur les conséquences de Tchernobyl, n'hésitant pas à s'en prendre à un institut dépendant du ministère de la Santé. Malgré les mises en garde de son épouse, il a également décidé de publier le résultat de ses recherches sur les effets délétères des incorporations chroniques de produits radioactifs. Par différentes approches (expérimentations, examens cliniques, autopsies), il a mis en évidence les processus pathologiques induits par la contamination chronique des enfants. Ses recherches ont notamment porté sur la corrélation entre le taux de césium 137 mesuré dans leur organisme et les altérations cardiaques révélées par l'électrocardiogramme (problèmes d'arythmie par exemple).
Le professeur Bandajevsky a été arrêté le 13 juillet 1999, dans le cadre des mesures d'urgence destinées à combattre le terrorisme, arbitrairement détenu, finalement accusé de corruption, puis condamné le 18 juin 2001 à 8 années de prison — sans la moindre preuve, malgré la rétractation publique de son accusateur, au terme d'un procès qui a violé la plupart des règles de droit. Amnesty international a rapidement adopté le professeur Bandajevsky comme prisonnier d'opinion et milite depuis pour sa libération. À l'initiative de la CRIIRAD, une manifestation internationale s'est déroulée à Genève, le 25 mai 2002, afin d'interpeller l'ONU, l'OMS et les autorités biélorusses. Progressivement la mobilisation s'est étendue au niveau international, des simples citoyens jusqu'aux responsables politiques : la libération de Bandajevsky a ainsi été intégrée dans les négociations entre la Biélorussie de Loukachenko et l'Union européenne.
Pour aller plus loin : www.tchernobyl.org : « Combat pour la vérité » et « Pr Bandajevsky, entre détresse et résistance ». Des milliers de pétitions envoyées, ce jour, au président de la République française et à la commission des droits de l'Homme de l'ONU. La CRIIRAD a adressé au président Jacques Chirac un courrier sollicitant son intervention personnelle auprès des présidents Loukachenko et Vladimir Poutine. Ce courrier est accompagné de près de 2 500 lettres de citoyens français demandant au gouvernement de tout mettre en œuvre pour la libération rapide et sans condition du professeur Bandajevsky. Parallèlement, 2 740 lettres sont adressées à la commission des Droits de l'Homme des nations Unies, à Genève, afin qu'elle accélère le traitement du dossier Bandajevsky et prenne au plus vite une position condamnant la décision de la « justice » biélorusse.


