Zeugma
Le zeugma ou zeugme (du grec zeugma, « joug, lien ») est un procédé de
construction syntaxique pouvant être considéré comme une figure de style.
Il existe deux conceptions du zeugma :
- le fait de ne pas répéter un élément commun dans une phrase présentant deux membres parallèles. Ainsi, dans la phrase
« L'un poussait des soupirs, l'autre des cris perçants », poussait n'est pas répété. On peut considérer ce
procédé comme un raccourci, un moyen de simplifier la phrase. Il est très fréquent et ne constitue pas une figure de rhétorique, parce qu'il n'attire pas l'attention. C'est au contraire la
répétition du terme commun qui ferait figure ;
- le fait de rattacher deux éléments, qui ne peuvent être mis sur le même plan, à un terme commun, éventuellement — mais non
nécessairement — dans le cadre d'un parallélisme. Il s'agit alors d'une figure qui provoque un effet de surprise, souvent
comique, parfois poétique. Par exemple : « Tous les matins, il saute son petit-déjeuner et la concierge »
(Pierre Desproges), «J'y ai laissé ma jeunesse et ma moto »
(Indochine) ou « Les moutons suivaient le berger, et le berger le fil de ses pensées ».
Dans le cas où l'incompatibilité est d'ordre grammatical, par exemple quand on associe un verbe transitif et un verbe intransitif à un même complément, il s'agit
plutôt d'une anacoluthe.
Zeugma est par ailleurs le nom d'une ville antique située sur l'Euphrate, dont les deux parties étaient reliées par un pont (d'où son nom).

